La nouvelle administration publique n’est pas encore née

Il y a un proverbe moaga qui dit que la biche ne saurait courir et son enfant va boiter. Jamais ! Dès sa tendre enfance, l’exercice favori que cet animal fait subir à son enfant c’est la rapidité dans la course. C’est du tel père tel fils, dira-t-on. A propos de notre administration publique, l’on peut aisément dire que ce qui se passe n’est pas venu du néant. Il y a forcément eu un début entre temps quelque part. Et le lieu de formation est généralement le nid de tous les problèmes.

Depuis quelques années, l’on se plaint d’une administration publique burkinabè laxiste, politisée, inefficace, gomboïste, qui ne bouge que sur ses intérêts, très souvent financiers. Tout cela a pour conséquence un pays qui stagne malgré les nombreux défis qui se présentent à lui. Disons-le tout de suite, ce qui s’est passé au camp militaire de Bobo-Dioulasso, avec la désertion des dizaines d’élèves de l’ENAM, nous amène à penser que ce qui sortira de l’ENAM nécessite des doutes. Oui ! Cela n’a rien à voir avec de quelconques compétences intellectuelles. Mais la conscience elle-même !

Comme le bois vert, s’il est mal dressé, il prendra la très mauvaise forme. Et quand le bois vert lui-même refuse de suivre la forme à prendre, à quoi servira-t-il si ce n’est qu’au feu.

Certes, il y a à l’ENAM et parmi les énarques déserteurs, des élèves aux têtes bien faites. Des élèves d’une intelligence certaine. Malheureusement, ils viennent de remettre en cause le peu de bien que l’on pensait de cette initiative. Ce qui s’est passé est d’une gravité impensable pour quelqu’un qui aspire à servir l’Etat et nous sommes en droit de nous demander à laquelle de leur conscience ils pourraient faire appel quand viendra le moment de penser à la Nation. La désertion ? L’abdication ?

Ce serait de l’irresponsabilité tout simplement. De tels comportements, ils en répèteront à profusion une fois qu’ils seront dans l’Administration, une fois qu’ils deviendront des fonctionnaires. Et il ne faudra pas que cela nous étonne au moment venu. La fin de la Fonction publique laxiste n’est donc pas pour aujourd’hui.

Aimé NABALOUM
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