LUTTE CONTRE LE TERRORISME : La CGT-B et la CSFP exigent des actions fortes et urgentes.

L’Atelier théâtre burkinabè (ATB) a abrité le 08 septembre 2018, une rencontre nationale conjointe organisée par la Confédération générale des travailleurs du Burkina (CGT-B) et la Coordination des syndicats de la Fonction publique (CSFP). Cette rencontre avait pour objectif l’analyse des objectifs et résultats de la conférence nationale des forces vives de la nation sur la réforme du système de rémunération des agents publics de l’Etat et la remise en cause des libertés démocratiques et  syndicales. Actualité oblige, la situation sécuritaire qui prévaut actuellement dans l’Est du pays n’a pas été occultée.

La rencontre a regroupé 286 délégués issus des Directions nationales et régionales des structures membres des deux coordinations. Après avoir relaté les actualités majeures qui ont marqué le Burkina dans le courant 2017-2018. Les deux structures se sont attardées sur l’analyse de la conférence nationale des forces vives de la nation en ce qui concerne la réforme du système de rémunération des agents publics de l’Etat et la remise en cause des libertés démocratiques et syndicales. Une des actualités qui auraient marqué la famille syndicale des travailleurs reste sans conteste la  visite du  président français Emmanuel Macron en novembre 2017.

Qualifiant cette visite «d’inspection du pré-carré», la CGT-B soutient que cette visite n’est rien d’autre qu’une «démonstration de la domination de l’impérialisme français». Et selon eux, l’exfiltration, en octobre 2014,  d’un des «valets les plus sûrs de cet impérialisme», en l’occurrence l’ancien Président Blaise Compaoré, «chassé par le peuple burkinabè», en est une preuve palpable. Se prononçant sur la conférence nationale des forces vives de la nation sur la réforme du système de rémunération des agents publics de l’Etat, les syndicats la qualifient de «manœuvre du gouvernement» et stipulent qu’elle ressemble plutôt à un processus similaire à l’œuvre du régime déchu du «CDP et alliés».

Pour eux, cette rencontre fut l’expression d’un statu quo et d’un refus manifeste du gouvernement à prendre en compte les positions d’un grand nombre de syndicats, car en réalité, «elle n’a pris aucune décision et s’est contenté» de faire des recommandations, pour la plupart générales et même souvent vagues». En poursuivant, les deux structures syndicales estiment que la conférence a «occulté la principale question de fond qui impacte négativement la gestion de la richesse nationale, à savoir les nombreux crimes économiques impunis qui ont jalonné le parcours du régime déchu.» Selon eux, pour marquer un pas décisif sur les questions salariales, la seule alternative réside «dans l’examen sérieux par le gouvernement du MPP et alliés des plateformes revendicatives des différents syndicats et regroupements  syndicaux.»

Sur la remise en cause des libertés démocratiques et syndicales, le Secrétaire général de la CGT-B, Bassolma Bazié, et ses camarades estiment que certaines recommandations prises lors de cette conférence remettent en cause les acquis démocratiques et sociaux des travailleurs. Au nombre des acquis remis en question, ils citent l’encadrement du droit de grève par la relecture de la loi 045-60/an du 25 juillet 1960 portant règlementation du droit de grève des fonctionnaires et agents de l’Etat, la réorganisation et l’encadrement par des dispositions législatives du système de rémunération des agents publics, y compris  leur  mécanisme de révision. Ils dénoncent également la réduction drastique des recrutements aux concours directs  de la session 2018  estimée à 40%.

Se penchant sur la question sécuritaire, la rencontre nationale conjointe du Collectif CGT-B et de la Coordination des syndicats de la Fonction publique a dénoncé l’attitude irresponsable et le cynisme de l’Etat quant à la gestion de la situation sécuritaire qui prévaut actuellement. Pour eux, la  situation  est caractérisée par l’absence d’une réponse appropriée du pouvoir en place. Et pour cela, Bassolma Bazié et ses camarades exigent des actions fortes et urgentes du gouvernement, et appellent les populations à s’organiser davantage pour la prise en charge de leurs préoccupations, notamment celles liées à la sécurité.

Salifou OUEDRAOGO (Stagiaire)

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