QUARTIER DASSASGHO DE OUAGADOUGOU : Pour son fric, il pourrit impunément la vie de ses voisins.

A Dassasgho, un habitant du quartier a décidé d’exercer une activité bien particulière devant sa cour, en pleine zone d’habitation. Celui de l’exploitation artisanale des peaux d’animaux. Le conditionnement des peaux fraîches dégage une odeur très  forte et désagréable qui dérange terriblement le voisinage. Il suffit de s’aventurer dans les parages pour se rendre compte de ces odeurs fétides et putrides dans l’air de cette partie de  l’arrondissement 5. Impossible pour le passant d’emprunter la rue sans se boucher les narines. Difficile donc de s’imaginer le sort de ceux qui vivent en permanence dans un tel environnement. Les multiples plaintes et complaintes des voisins n’y font visiblement rien. La Police municipale serait passée maintes fois sur les lieux pour constater la situation mais  curieusement, cette  activité illégale et incommodante se poursuit impunément au grand désarroi de l’entourage.

Un petit détour à l’intérieur du quartier situé à droite en allant de la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO) vers l’échangeur de l’Est et l’on est tout de suite interpellé par ces odeurs insupportables. L’on se croirait au quartier Kossodo, du temps de la toute-puissance de TAN ALIZ, l’usine de la «belle-mère nationale», Alizèt Gando. Mais ici, il ne s’agit pas d’usine. Il s’agit plutôt de la devanture d’une cour d’habitation, en pleine cité résidentielle, transformée en magasin de manutention de peaux à ciel ouvert. Une fois devant la cour, un tableau insalubre accueille le passant. Les déchets générés par l’activité occupent l’environnement immédiat. Impossible de respirer. Certains passants, surpris par ces odeurs inhabituelles, sont obligés de se trouver un mouchoir pour s’envelopper le nez. En saison pluvieuse, c’est vraiment intenable, confie un voisin.

Aucun système de drainage approprié  des eaux usées. Pourtant, on note la présence de produits chimiques déversés sur les peaux fraîches d’animaux pour leur conservation. Le  décor est tout simplement inimaginable en pleine zone d’habitation. Inutile de dire que cela pose un  sérieux problème de santé publique.  Et, cela fait déjà plusieurs années que ce calvaire dure, témoigne-t-on. Mais pourquoi une telle situation? Pourquoi ne fait-on rien pour mettre fin à cela? Certains riverains témoignent avoir saisi  la Police municipale à maintes reprises et cela n’a rien donné. Des agents se seraient même déplacés pour constater cet environnement digne d’une porcherie. Des constats de police se seraient succédé sans suite concrète. Selon un  riverain, visiblement très remonté par l’indifférence de l’autorité face à leur situation, ils ne comprennent rien parce que plusieurs fois, la Police municipale est venue constater avec des promesses de faire cesser la nuisance, mais ils attendent toujours. Et cela dure des années, du temps où M. Ouango était le Directeur de la Police municipale.

Pourquoi ce silence

Contacté, l’ex-Directeur de la Police municipale dit n’être pas au courant de cette affaire. Mieux, il ne se souvient pas avoir été saisi au moment où il était à ce poste par rapport à cette situation. Pourtant, un des riverains est catégorique, il dit avoir personnellement contacté à maintes reprises M. Ouango himself. Une fois, souligne-t-il, ce dernier l’aurait même référé à d’autres services de la municipalité en vue de trouver une solution. Quant au responsable de la communication de la Police municipale, Adama Pamtaba, il dit être bien au courant de cette situation. Cependant, il déplore que les gens soient «trop pressés». Selon lui, la population veut que les choses se fassent du tic au tac alors que l’administration ne fonctionne pas ainsi. Pour lui, la Police municipale ne prend pas de décision. Lorsqu’un problème est posé, elle se réfère à l’autorité qui décide et elle ne fait qu’appliquer les décisions. Aussi, poursuit-il, pour le cas d’espèce, l’autorité a été saisie et si elle ne prend pas de décision, la police n’y peut rien.

Pourtant, cela fait plusieurs années que leur calvaire perdure. Combien de temps devraient-ils patienter? Se demandent les intéressés. A la mairie de l’arrondissement 5, ancien arrondissement de Bogodogo, dont relève ce quartier, le maire dit ne pas être au courant de cette situation. Depuis qu’il préside aux destinées de cet arrondissement, personne ne l’a saisi d’un tel dossier. Toutefois, il promet de «voir ça». Mais, à en croire une source  au service d’hygiène de la commune de Ouagadougou, cette affaire n’est pas inconnue à l’ex-arrondissement de Bogodogo, car les services de cet arrondissement auraient bel et bien connu ce dossier avant l’arrivée de l’actuel maire. Quant au principal responsable de cette situation, Nicholas Yirga qu’il s’appelle, contacté par le Journal Le Reporter en fin août dernier, il disait être conscient du fait qu’il indispose son entourage avec son activité. Il promettait de  cesser immédiatement cette activité à cet endroit.

Il attendait des camions qui devraient venir enlever le stock qui était sur place en ce moment précis et plus jamais il n’enverrait de peaux sur place. Il nous est aussi revenu que la Police municipale aurait encore fait un passage sur les lieux dans la même période. Mais curieusement, l’activité se poursuit toujours. Contrairement à ce qu’il nous avait promis, l’homme continue de convoyer les peaux devant sa cour. Lorsque  nous avons tenté de le joindre au téléphone pour comprendre cette ambivalence, il  ne décroche plus son téléphone. Combien de temps durera encore cette galère pour les habitants de ce quartier? Jusqu’où pourront-ils supporter cette injustice? Affaire à suivre.

Nerwatta Kafando

Ecrit par
Le Reporter
Voir tous les articles
Ajoutez votre commentaire

Ecrit par Le Reporter

Nous suivre sur…