MBDHP : 31 ans après sa création, le bilan

Trente et un ans après sa création, le Mouvement burkinabè des droits de l’Homme et des peuples (MBDHP) dresse le bilan de ses actions passées. Dans  le cadre de  cette commémoration, un panel a été organisé le samedi 22 février 2020 à Ouagadougou, sous le thème : «Le MBDHP de 1989 à nos jours : bilan critique de la contribution du mouvement au renforcement du processus démocratique et à la défense des droits humains au Burkina Faso».

Interroger le passé pour comprendre le présent et imaginer l’avenir, tel est l’objectif de la commémoration des trente-et-un an du MBDHP. Des dires du président du mouvement, Chrysogone Zougmoré, le MBDHP est né de la conjonction de deux nécessités : une nécessité de protection et une nécessité de légitimation. Le contexte du régime d’exception inclinait à la promotion des droits humains afin de se protéger de l’arbitraire, dira-t-il. C’est d’ailleurs ce qui fera dire Me Alidou Ouédraogo, ancien président  du mouvement et par ailleurs président d’honneur, que «le MBDHP est né dans la fournaise et les braises de 1989 allumées par le Conseil du salut du peuple (CSP1) et continuées par le CSP2, le Conseil national de la révolution (CNR) et le Front populaire (FP)».

Depuis sa création, le mouvement aura participé à toutes les grandes luttes pour la consolidation de la démocratie au pays des Hommes intègres. Mais ces engagements n’ont pas été sans conséquences pour les acteurs. A en croire le président Chrysogone Zougmoré, les menaces et les intimidations étaient fortes, d’où l’hommage rendu aux pionniers du mouvement. «A ces pionniers et devanciers aujourd’hui disparus, nous disons ceci : camarades, compagnons de lutte, combattants de la liberté, en menant dignement votre part de combat pour le bonheur de notre peuple et de la patrie, vous avez eu une vie bien remplie. Vous n’êtes pas morts», a déclaré Chrysogone Zougmoré, qui promet avec ses camarades, de continuer le combat dans l’accomplissement de la mission du mouvement.

Pour mieux cerner les 30 ans de vie de la structure de défense des droits humains, le Professeur Luc Marius Ibriga, l’un des panélistes, est revenu sur les acquis et les faiblesses du mouvement, avant de proposer des perspectives. Au titre des acquis, le professeur a souligné la contribution du mouvement à l’avènement d’un État de droit et d’un espace de libertés démocratiques au Burkina. «Le MBDHP s’est illustré positivement sur le triple front de la promotion, de la défense et de la protection des droits humains, en préservant les citoyens burkinabè des violations massives de leurs droits dont ils ont été victimes pendant la période des régimes d’exception», s’est réjoui Luc Marius Ibriga.

Cependant, malgré ces acquis, le professeur a regretté certaines faiblesses de la structure. Il a évoqué «le manque de professionnalisme» du MBDHP qui, selon lui, compte plus de militants, certes, engagés, que de permanents. Il a aussi reproché au MBDHP «la faiblesse de la recherche sur la problématique des droits humains rapportée au contexte burkinabè.» En termes de perspectives, Luc Marius Ibriga proposera au mouvement de travailler à «imposer le sens de l’État et du bien commun, à construire un rempart contre les différentes formes d’arbitraire et des pulsions meurtrières, et à asseoir une société démocratique apaisée».

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Salifou OUEDRAOGO
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