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MEDIATIONS DE BLAISE COMPAORE : Une ardoise bien salée en héritage pour le Burkina

blaiseQui paye la facture des diverses médiations conduites par Blaise Compaoré dans la sous-région ? Cette question a longtemps taraudé les esprits au Burkina Faso, sous l’empire Compaoré, sans que personne ne songe à donner la réponse. Eh bien, aujourd’hui, l’on commence à avoir un début de réponse : le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et des Burkinabè de l’extérieur, Alpha Barry, a donné le ton au cours d’une émission sur la télévision privée Burkina Info, le 3 juillet 2016. Le Burkina Faso traîne une grosse dette, chiffrée en milliards. L’Etat doit à des structures à la fois privées et publiques. L’origine de cette dette, les médiations de Blaise Compaoré. Comment cela a-t-il été possible? Notre petite enquête.

Nul n’ignore l’investissement de l’ancien Président Blaise Compaoré dans la résolution des conflits et crises dans les pays de la sous-région. Il était devenu médiateur es-qualité pour la sous-région. L’une des dernières médiations assurées par Blaise Compaoré a été la crise née au Nord- Mali et opposant les groupes Touaregs à l’Etat central du Mali. Blaise Compaoré avait réussi à réunir autour d’une même table les protagonistes, au point de s’en sortir avec un accord signé par les parties le 18 juin 2013 à Ouagadougou .

Auparavant, c’étaient les frères ennemis ivoiriens qu’il avait réussi tant bien que mal à réunir autour d’un autre accord aussi signé à Ouagadougou. Les œuvres de bons offices de Blaise Compaoré l’avaient conduit aussi, se souvient-on, en Guinée, au Togo et dans une certaine mesure au Niger et même au Soudan, où a séjourné son influent ministre des Affaires étrangères Djibrill Bassolé en tant que représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies. Interminables voyages à l’étranger, envoi d’émissaires spéciaux, organisation de rencontres de négociations hébergement de délégations, frais de téléphone, etc. sont autant de postes de dépenses qui vont avec cette œuvre de facilitateur. Pendant tout le temps que cela a duré, c’était l’opacité autour de la gestion de ces frais. Au point où nombre de Burkinabè se demandaient qui supportait l’ardoise. La presse a, à maintes reprises, posé ouvertement la question. Qui paye la facture des médiations de Blaise Compaoré ? Jamais réponse n’avait été donnée à cette question.

Après le départ précipité d’octobre 2014, il y a comme de la décantation dans l’air. Manifestement, les nombreuses médiations de Blaise Compaoré ont coûté de la quinine au Burkina. Et c’est peu dire. En effet, il nous revient que le Burkina est redevable financièrement à certaines structures et à des promoteurs divers. Un milliard et demi de FCFA, dit-on. C’est la coquette somme que le pays doit débourser pour faire face à ces créances. De sources dignes de foi, une partie de ces dettes auraient été épongées avec l’aide de la CEDEAO mais il en reste encore. La CEDEAO qui encadraient ces médiations n’a pas reconnu toutes les dettes. La raison : certains contrats passés ne l’ont pas été de façon règlementaire.

Visiblement, les déplacements des protagonistes étaient pris en charge par le Burkina. Les dettes concernent donc des avions affrétés pour les déplacements ainsi que des billets d‘avion. Ces frais n’ont pas été payés. En plus, certains acteurs de la crise se la coulaient douce dans certains quartiers de Ouaga, dans des standings luxueux. Ces maisons et hôtels étaient loués pour loger les différentes délégations. Il y a aussi des agences de voyage qui attendent également de rentrer dans leurs fonds. Où trouver l’argent ? La question reste posée, et au ministère des Affaires étrangères, on s’interroge toujours. Outre cette dette plus ou moins connue, il y a ces « rebelles » qui roulaient carrosse à travers les rues de Ouaga, avec des véhicules de l’Etat aux frais de l’Etat. L’autre question est de savoir combien le Trésor burkinabè a dû injecter pour entretenir le quotidien de ses hôtes d’un autre genre ? Affaire à suivre !

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