mines

Mine de Tambao: le burkina risque encore de perdre des centaines de milliards

minesFaut-il croire finalementen la thèsede la malédictionen ce qui concerne lamine de manganèse deTambao ? La tentationest parfois grande, auregard de l’enchainementdes faits au sujetde cette mine. Lesentreprises se succèdentdepuis des décenniessur la mine, maisaucune n’arrive à s’ymaintenir durablement.L’actuel occupant deslieux, l’entreprise PANAFRICAN MINERALS,de l’homme d’affairesRoumano-aust ral ienFrank Timis, avait faitmine de vaincre lesigne indien et releverle défi de la durabilitésur place, mais l’évolutiondes choses ne sembleplus autoriser legrand optimisme.

Visiblement l’Etat burkinabè et son partenaire privé, avec qui il a conclu un contrat partenariat public-privé (PPP) pour l’exploitation de cette mine, sont sur la voie du contentieux. Depuis plus d’une année, l’activité de cette mine est au ralenti. Cela, après un démarrage pourtant assez prometteur. Le gouvernement de la Transition, se souvienton, avait unilatéralement décidé de marcher sur cet accord de partenariat dont les termes sont assez clairs, pour suspendre les activités de la mine plusieurs mois durant. Un long bras de fer s’était engagé entre les deux parties, les conduisant à deux doigts du règlement judiciaire de leur différend. Le gouvernement a dû battre en retraite, en décidant finalement de lever lesdites suspensions.

Nous étions au soir de la Transition. On avait cru cette affaire enfin réglée et le spectre des conflits à répétition sur cette mine à jamais conjuré. Apparemment, l’on était allé trop vite en besogne. Tout porte à croire que le nouveau pouvoir a choisi de ne pas continuer le ménage avec ce partenaire. Rien n’est encore officiel. Mais à en croire certaines indiscrétions, le sort de PAN AFRICAN MINERALS serait définitivement scellé quant à la suite de l’exploitation de la mine de Tambao. Il se dit même que l’affaire est pliée en faveur du groupe français Bolloré, nouvel élu pour hériter de la mine. France-Afrique oblige ? Si tout cela s’avère, il faudra comprendre que pour la Nième fois, cette mine est retirée des mains d’un exploitant lié à l’Etat burkinabè par un contrat, au profit d’un autre. Et comme dans les précédents cas, c’est le Trésor public burkinabè qui va une fois de plus en pâtir. Les deux parties seraient bien parties pour régler ce différend devant les tribunaux internationaux. Et sauf tremblement de terre, l’Etat du Burkina Faso est bien parti pour être encore condamné. Et cette fois-ci, la note risque d’être très salée pour le Burkina Faso. On parle de centaines de milliards de FCFA, à payer en dommages et intérêts, pour rupture abusif de contrat, à l’entreprise expropriée.

En plus du Trésor public, les victimes collatérales de cette lugubre affaire sont nombreuses. Au nombre de celles-ci, figurent les fournisseurs de l’entreprise exploitante. Au moment de la fermeture de la mine sous la Transition, l’entreprise devait beaucoup d’argent à ses fournisseurs qui sont, entre autres, des transporteurs et des entreprises de BTP. Malgré la levée des suspensions depuis la fin de la Transition, ces dettes envers les fournisseurs n’ont pas été honorées, en dépit d’engagements pris au préalable pour les honorer dès que cette levée serait prononcée. Du côté de l’entreprise, l’on explique cela par le fait que malgré la levée des suspensions, l’on ne lui aurait pas permis de poursuivre son activité véritablement. Elle n’aurait pas pu procéder à l’exportation de son produit et ses partenaires dans les milieux bancaires, pas assez rassurés, n’auraient pas accepté de délier les cordons de la bourse. Visiblement, un dialogue de sourd est en train de s’instaurer entre l’entreprise et ses fournisseurs avec qui elle formait jusque-là un front commun face l’Etat, en vue de la reprise de l’activité de la mine. Une certaine crise de confiance est en passe de prendre place de ce côté aussi et tout cela n’augure pas de lendemains enchanteurs. Nous y reviendrons !

BYL

Avatar
Ecrit par
Le Reporter
Voir tous les articles
Ajoutez votre commentaire

Avatar Ecrit par Le Reporter

Nous suivre sur…