« NAABA WOBGO, WAOGDOGO ET LES NASAAR-DAMBA » : L’histoire du moogo au contact des conquérants blancs

Dr Lassina Simporé, enseignant-chercheur, Maître de conférences d’archéologie à l’Université Joseph Ki-Zerbo de Ouagadougou et gestionnaire de patrimoine culturel immobilier, vient d’ajouter une autre corde à son arc : écrivain. Le 11 septembre 2020, l’actuel Secrétaire général du ministère de la Culture, des Arts et du Tourisme a procédé à la dédicace de son ouvrage intitulé «Naaba Wobgo, Waogdogo et les nasaar-damba». Il y retrace un pan de l’histoire du royaume du moogo, dont les interprétations n’ont pas toujours été unanimes. Il plonge le lecteur dans les années 1880, période de l’exploration et de la conquête coloniales. Comment s’est déroulée la conquête de Waogdogo, capitale du royaume du moogo ? Le locataire d’antan du palais du moogo aurait-il fui ou se serait-il replié pour mieux organiser la résistance ?

Dans une production scientifique, historique ou littéraire, c’est selon, le chercheur Lassina Simporé renvoie ses lecteurs plus de cent ans en arrière, à travers son livre «Naaba Wobgo, Waogdogo et les nasaardamba». Un ouvrage de 88 pages, structuré en 3 chapitres, chapeauté par un préambule, un avant-propos et une préface, le tout enrichi par 6 annexes et des éléments de bibliographie, cet extrait d’histoire est fait pour les jeunes mais aussi pour renforcer la compréhension de cette étape de la vie du moogo. L’auteur, dans un style narratif et descriptif, passe en revue les évènements du contact de cette partie de l’Afrique occidentale (Waogdogo) jadis terre neutre, avec le conquérant.

Dans le premier chapitre, il décrit ce 1er septembre 1896, jour de marché pas comme les autres. Et pour cause, un intrus (Blanc) est dans les abords du royaume du moogo. Un ennemi ? Un visiteur ? Surtout pas. Certainement un envahisseur. Mais que faire ? L’écrivain y apporte des
éléments de réponse dans un style exaltant. Le colon a-t-il été le premier à visiter la terre de Waogdogo ? Dans le 2e chapitre par contre, l’auteur fait revivre les manœuvres et les péripéties usées par les nasaar-damba pour enfin atteindre Waogdogo. Les batailles entre conquérants, le chercheur, Lassina Simporé, en livre également l’ambiance qui a prévalu dans ce chapitre.

Enfin, dans le dernier chapitre, il tente de répondre aux questions lancinantes qui ont toujours été présentes dans l’esprit de bien des Burkinabè.

Boukary Kutu : un putschiste avant la lettre ? Naaba Wobgo : un résistant ou un fuyard ? A-t-il vraiment fui sa capitale, par résignation ou dans l’intention de reconquérir le pouvoir des mains de l’usurpateur blanc ? En effet, liton, « si Boukary Kutu a fui sa capitale, ce ne fut ni par résignation
encore moins par renoncement mais bel et bien dans l’intention d’y revenir pour reconquérir le pouvoir et en chasser l’occupant usurpateur».

Dans les annexes, les faits étant sacrés, l’archéologue restitue au public de nombreux et utiles documents historiques. La cérémonie de dédicace a été présidée par Chérif Moumina Sy, ministre d’Etat, ministre de la Défense
nationale et des Anciens combattants, et parrainée par Abdoul Karim Sango, ministre de la Culture, des Arts et du Tourisme. Le préfacier, Edouard Ouédraogo, Directeur de publication du journal L’Observateur Paalga, a salué la qualité d’écriture d’un ancien collaborateur de L’Observateur Paalga. Pour lui, Lassina Simporé ne devrait pas s’arrêter en si bon chemin afin que, comme Hérodote d’Halicarnasse, «le temps n’abolisse pas les souvenirs des actions des hommes ».

Sié KAMBOU
(Stagiaire)

Avatar
Ecrit par
Le Reporter
Voir tous les articles
Ajoutez votre commentaire

Avatar Ecrit par Le Reporter

Nous suivre sur…