zida

Quand le pouvoir MPP fabrique des martyrs !

Décidément, ce pouvoir cumule de grossières erreurs stratégiques sur le plan politique. C’est la preuve que beaucoup d’entre eux sont dépassés par les évènements au point de perdre le minimum de lucidité qui devrait commander d’agir autrement. En effet, dès sa prise de fonction, le président du Faso avait fait de la Transition et
surtout le Premier ministre Yacouba Isaac Zida, son tam-tam qu’il tapait à la moindre occasion. Réalisant par la suite que s’il continue, il prenait gravement le risque de frustrer bien des acteurs de la Transition qui ont pourtant été très bienveillants vis-à-vis du MPP.

Déjà, ce parti était majoritaire sous la Transition, avec « ses » organisations satellites qui avaient réussi à positionner des représentants au Conseil national de transition. Finalement, Yacouba Isaac Zida, bombardé Général de Division en fin de transition a été radié de l’armée pour désertion. Pendant ce temps, les putschistes n’ont même pas fait l’objet de sanctions administratives. Le président du Faso a permis à la haute hiérarchie revancharde de l’armée d’avoir la peau de celui qui a osé, avec ses frères d’armes de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP), arracher le pouvoir au chef d’Etat-Major général des armées, les 30 et 31 octobre 2014 au terme de l’insurrection populaire, le Général Nabéré Traoré.

Le pouvoir a donc offert la tête de Zida à l’armée et surtout à ses anciens compagnons du RSP qui avaient voulu diriger le pays à travers lui. Zida a pris le risque de « trahir » la mission de confiscation du pouvoir par le RSP, même si l’on peut admettre qu’il l’a fait, entre autres, par ambition personnelle. Et les éléments et certains officiers du RSP, à commencer par le Général Diendéré, son ancien mentor, lui en veulent à mort.

Après Zida, c’est une autre figure de prou de la Transition, en l’occurrence le Colonel Denise Barry, ancien ministre de la Sécurité, qui a été accusé de tentative de complot contre la sûreté de l’Etat et qui a dû passer 8 mois de détention préventive avant de bénéficier d’une liberté provisoire. En attendant éventuellement son procès, bien des Burkinabè doutent de la solidité du dossier de l’accusation. Le patron du MPP,
alors ministre de la Sécurité, avait annoncé publiquement, que l’opinion nationale et internationale sera édifiée. Mais jusqu’à l’heure où nous couchions ces lignes, rien à se mettre sous la dent.

Le jour même où le Colonel Barry recouvrait provisoirement la liberté, c’est Dame Safiatou Lopez / Zongo, une militante du MPP, parachutée dans le monde des OSC, et en rupture avec ses anciens compagnons, qui prend le chemin inverse. Elle est incarcérée depuis fin août, à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou pour pratiquement les mêmes raisons que le Colonel Barry. Là encore, l’instruction serait en cours ! Et depuis son arrestation, rien ne filtre de la procédure.

Sans vouloir blanchir tout de go ces 3 personnalités, l’on ne peut s’empêcher de penser à une chasse aux sorcières. Et sans se rendre compte, le MPP fabrique « ses » martyrs. En tous les cas, le pouvoir a le dos au mur. Il va devoir veiller à ce que ces dossiers aboutissent à des procès en bonne et due forme où les accusés pourront se défendre dans un débat contradictoire au prétoire. Autrement, l’on sera en face de
cas d’abus de pouvoir.

Boureima OUEDRAOGO
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Boureima OUEDRAOGO

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