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Que restera-t-il du monde après le Covid-19 ?

Environ 170 000 personnes contaminées, plus de 30 000 morts, plus de 4 milliards de personnes confinées, etc. Ce sont là quelques chiffres de cette pandémie qui n’a pas encore dit son dernier mot. Ironie du sort, ce sont l’Europe et les Etats-Unis qui paient le lourd tribut de cette pandémie pour le moment. En effet, partie de la Chine en décembre 2019, la pandémie fait plus de ravages sur le vieux continent (l’Europe) et aux Etats-Unis. En dépit des progrès technologiques et scientifiques, de leur puissance économique et de leurs systèmes sanitaires de pointe, les pays occidentaux découvrent la fragilité de leur modèle sociétal. Ils sont tous dépassés par les conséquences de cette pandémie qui emporte des milliers de vies par jour.

Les hôpitaux sont débordés, contraints de pratiquer une loterie de la vie (en choisissant des patients qui doivent être sauvés et ceux que l’on est obligé de laisser mourir) ; des malades sont évacués de certaines villes à d’autres, voire d’un pays à un autre.

Bien des grands et d’anonymes penseurs commencent déjà à s’interroger sur la solidité des sociétés modernes, surtout occidentales et libérales en relevant les nombreuses failles dans lesquelles s’est engouffrée la pandémie. Parmi ces failles, figurent en bonne place les libertés individuelles et collectives. Les gouvernants de ces pays, conscients de l’attachement de leurs peuples à ces libertés, ont eu du mal à prendre le taureau par les cornes. A cela s’ajoutent d’autres fondements de ce modèle sociétal qui se retrouvent aujourd’hui dans la tourmente, à savoir le marché, les loisirs, les arts et les sports. Plus de cinémas, plus de matches de football, de compétions de formule 1, de boxe… Les marchés boursiers sont en chute libre. De grandes usines sont fermées. L’économie mondiale est presqu’à terre. Les guerres commerciales sont ajournées au profit de la guerre sanitaire.

Bien des multinationales risquent de disparaître. Les puissances de feu, c’est-à-dire, les armes de pointe et de destruction massive ne servent pratiquement pas à grand chose. Les armées sont remobilisées pour jouer les pompes funèbres et les médecins de campagnes. Qui l’eut cru ?L’historique Central Park, poumons verts et haut lieu de villégiature à New York aux Etats-Unis, est transformé en un hôpital de rue pour les patients atteints du Coronavirus. C’est tout un symbole. Le système s’est écroulé. Que restera-t-il donc du monde occidental après la pandémie du Coronavirus ? La question est désormais sur bien des lèvres. Mais il n’y a pas que l’Occident qui fait face à l’incertitude du lendemain.

Quid de l’Afrique ? Selon les experts, les Etats du continent noir doivent se préparer au pire. L’Afrique risque de connaître un sort bien plus triste que l’Occident. A ce que l’on dit. Le pire est encore devant. L’Afrique n’est qu’au début de la pandémie. Avec des Etats sans système sanitaire digne de ce nom et des sociétés fondées sur le communautarisme, l’Afrique aura, dit-on, du mal à contenir la maladie qui risque d’y faire son plus gros lot de morts et de personnes infectées. Les projections ne sont pas du tout bonnes. L’on pourrait même dire qu’elles sont apocalyptiques. Pour l’Organisation mondiale de la santé, les Etats africains n’ont pas les moyens de faire face à ce virus à couronnes qui traumatise même les grandes puissances.

L’Afrique retient donc son souffle. Presque tous les pays sont désormais
touchés. Avec des fortunes diverses, chaque pays tente de prendre des
mesures, suivant malheureusement le modèle occidental, c’est-à-dire, la
distanciation sociale à travers le confinement, l’état d’urgence, la mise en
quarantaine, etc. L’Afrique saura-t-il opposer à ces prédictions du malheur,
des réactions robustes à la hauteur de la menace ? Rien n’est moins sûr. Ça commence mal. Il ne reste plus que la divine providence vers laquelle tous les regards sont tournés. Même les grandes puissances s’y sont résolues.

En définitive, ce qui est certain, cette pandémie bouleversera fondamentalement le monde. Elle réorientera le modèle sociétal pour les siècles à venir. En attendant, la peur a envahi l’humanité ; l’urgence est d’en sortir. Les survivants auront du mal à se remettre de leurs émotions mais finiront par réinventer un nouveau monde avec de nouveaux fondements et de nouveaux piliers.

Boureima OUEDRAOGO
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Boureima OUEDRAOGO

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