RAPATRIEMENT DES BURKINABE DE TUNISIE : Le cafouillage autour de cas suspects de covid-19 à l’aéroport

L’affaire fait grand bruit en ce moment à Ouagadougou. Un vol de TUNISAIR a ramené des Burkinabè de Tunisie, des personnes qui étaient allées dans le pays pour se soigner, des fonctionnaires en mission, ainsi que des opérateurs économiques. Si ce vol particulier présentait tous les risques liés à la maladie à Coronavirus, son traitement au sol suscite des interrogations. Le personnel de  gestion du vol au sol dénonce des légèretés inadmissibles par les supérieurs hiérarchiques. C’est à croire que la gestion de la pandémie fera voir toutes les couleurs au Burkina Faso. Ça va dans tous les sens et cela ne rassure personne.

Il s’agit d’un vol ponctuel affrété pour ramener 30 Burkinabè de la Tunisie qui a atterri à l’Aéroport international de Ouagadougou le vendredi 9 avril 2020, aux environs de 14h20. Et l’oiseau a redécollé vers 15h50. Selon nos informations, ces derniers ont profité d’une campagne de rapatriement des Tunisiens à travers le monde pour s’engouffrer dans l’avion, moyennant des sommes exorbitantes. A en croire des témoignages concordants, ce vol était annoncé depuis le début de la semaine commençant le 6 avril 2020.

Finalement, c’est l’inhabituelle mobilisation des agents de santé à l’aéroport qui a attiré l’attention des travailleurs devant participer à la gestion du vol, qu’il s’agit d’un vol à risque. Face à cette situation incommodante, doublée d’un silence complice de leur hiérarchie, bon nombre de travailleurs se sont même réservés de s’approcher de l’avion. A ce qu’on dit, la psychose était bien visible, parce qu’il y avait des malades apparents dans l’avion.

En effet, les hôtesses et les agents de santé qui accompagnaient le vol étaient tous en combinaison de protection. Certains faits portés à notre connaissance dans la gestion de ce vol donnent des frissons. Selon les témoignages, en présence des agents de santé bien protégés, c’est aux manutentionnaires qu’il a été demandé d’aider les malades à descendre de l’avion. En effet, dame Bonzi Louisette, superviseure des opérations au sol à la Régie administrative chargée de la gestion de l’assistance en escale (RACGAE), aurait demandé aux manutentionnaires portant des masques sanitaires, sans autre protection particulière, d’aider les malades à descendre de l’avion.

C’est à ne rien comprendre. Inconscience, folie,  goût du risque. Il est très difficile d’expliquer cette décision méprisante. Si tant est que ce sont eux qui doivent faire ce travail, ne peut-on pas leur trouver des combinaisons convenables pour faire correctement leur boulot et sans risque ? Ne craignent-ils pas le Covid-19 comme leurs patrons ? Cette situation à frustré beaucoup de travailleurs qui trouvent que leur patronne devrait plutôt demander que les agents de santé de la compagnie puissent faire descendre les malades ou demander de l’aide aux agents de santé qui savent comment s’occuper des malades, dans de telles circonstances.

A défaut, la RACGAE devrait trouver des combinaisons à ses manutentionnaires pour éviter que ces derniers ne finissent par être contaminés dans la gestion des vols de rapatriement et par voie de conséquence, contaminer leur familles et collègues. Mais pour la superviseure, il n’y a pas de quoi fouetter un chat. Pour elle, ces malades étaient simplement allés se faire opérer. Il ne s’agit donc pas de malades du Coronavirus. En plus, ajoute-t-elle, l’équipe médicale a donné des masques à tous les passagers qui sont descendus de l’avion.

Mesurant les risques que l’équipage a subis par le fait que les passagers étaient cloîtrés dans l’avion pendant plus de 4h et assis sans respect de mesures de distanciation et sans masque, elle ne voudra pas polémiquer sur les 5 mn que les manutentionnaires ont accordées au débarquement de ces passagers.

Et pourtant. C’est tout faux ! Le malaise est très profond et beaucoup craignent que ces légèretés ne finissent par propager le Covid-19 au sein de l’aéroport. A en croire certaines sources, le médecin, en faisant son rapport, aurait fait savoir au téléphone, après le contrôle, qu’il y avait des cas suspects parmi les passagers. En effet, dans un communiqué rendu public ce 14 avril 2020, le gouvernement affirme qu’un cas positif de Covid-19 a été détecté et ces contacts sont dans la nature.

Malgré l’alerte donnée par le médecin dès l’aéroport, une partie de ces passagers en quarantaine sur le site de l’ISSH n’ont pas respecté cette mesure. Ils se sont volatilisés, disparus dans la nature ; créant, du même coup, la psychose au sein de la population. Et voilà que le gouvernement recherche activement des passagers parce qu’il l’un d’eux a été testé positif. Du même coup, ne serait-il pas judicieux de rechercher et de mettre en confinement tous les gestionnaires du vol au sol.

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Simplice Zongo
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