RECRUTEMENT LITIGIEUX A LA CNSS : L’envers du décor !

L’affaire a défrayé la chronique et a tenu l’opinion nationale en haleine pendant plusieurs semaines. Des soupçons de fraudes relayés à grand renforts médiatiques ont contraint la direction générale de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) à annuler le 30 août 2018 un test de recrutement de 84 nouveaux agents au profit de cette  structure. L’actualité évoluant très vite au pays des hommes intègre ces derniers temps, les projecteurs des médias se sont vite déportés sur d’autres sujets. Mais le dossier du recrutement à problème à la CNSS reste entier. Il connait même des rebondissements dont il est difficile de présager l’issue. Il recèle aussi des dessous insoupçonnés. Et pendant ce temps, la gestion du dossier ne manque pas de faire des victimes innocentes. Certaines vivent un véritable cauchemar silencieux, presque dans l’indifférence générale. Retour sur une affaire aux nombreux non-dits.

Retrouvée à son domicile, dans un quartier périphérique de Ouagadougou, en cet après-midi de début octobre 2018, CG contient difficilement ses larmes. Les paupières en boursouflures et les yeux rougis, sans doute par de longues nuits d’insomnies, la jeune dame, plus de la trentaine, est inconsolable. Difficile pour elle d’aligner quelques mots sur la  situation qu’elle vit, sans fondre en larmes. Entre deux sanglots, elle arrive à laisser entendre que depuis cette date noire du 30 août 2018, sa vie a basculé pratiquement au cauchemar. Son époux a beau la consoler et tenter de lui remonter le moral, rien n’y fait. Impossible pour elle de fermer l’œil la nuit venue. Que de nuits blanches, à pleurer et à scruter le plafond sans jamais voir d’où son salut pourrait venir.

Elle n’arrive toujours pas à s’expliquer ce qui s’est passé dans sa vie en cette journée du 30  août 2018, lorsque l’information de l’annulation du recrutement des 84 agents nouvellement recrutés à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) lui est parvenue. CG fait partie de ces 84 infortunés pour qui le 30 août 2018 aura été un grand chamboulement. Se battre pendant de longues années, prendre part à de multiples tests de recrutement et autres concours de la fonction publique, sans succès. Puis, un jour, pendant qu’on n’y croyait pratiquement plus, tomber sur un avis de recrutement, y postuler, se voir déclaré admis, aller jusqu’à prendre service, puis, un matin, pendant qu’on se croyait enfin sorti de l’auberge, voir tous ses espoirs dégringoler tel un château de cartes. «C’est très pénible, ça peut rendre fou… ».

Explique la jeune dame, médusée. Elle qui avait déjà informé sa pauvre mère restée au village, ainsi que ses frère et sœurs encore élèves, de son admission au concours et de sa prise de service. Comment leur dire qu’elle n’a plus de travail? Elle dit ne pas oser porter cette information à la connaissance de sa mère qui risque de «succomber». Tant la nouvelle de son admission au concours était venue comme une bouée de sauvetage pour sa famille. Une famille très modeste dont le père s’en est allé voilà déjà quelques années, laissant derrière lui une veuve et des orphelins. Une famille dont la maigre pension du père arrive à peine à couvrir le dixième des besoins les plus élémentaires. Poursuit CG toujours mélancolique.

Jamais, est-elle convaincue, sa mère ne pourra supporter une aussi triste nouvelle. C’est pourquoi, elle préfère vivre seule cette «tragédie». Elle dit avoir eu son concours à la loyale. Elle ne connait personne qui aurait pu lui donner un quelconque coup de pouce. Elle dit avoir bravé beaucoup d’obstacles, de nuit, pour aller s’aligner à l’Agence nationale pour l’emploi (ANPE), pour prendre part au tirage au sort. En plus, pour l’emploi auquel elle a postulé, on voulait 30 candidats ; alors qu’il n’y en avait que 27. Donc, tous ont été naturellement retenus pour aller prendre part aux épreuves écrites. Et là aussi, elle a dû passer de longues nuits blanches pendant de longs mois pour se préparer en étudiant hardiment pour pouvoir réussir. Qu’à la fin de tout cela on vienne briser tous ses espoirs et ceux des siens pour des raisons qu’elle n’a jamais pu imaginer, elle n’en revient pas.

Que d’afflictions !

Comme CG,  ils sont nombreux, même très nombreux, pour qui la décision du directeur général de la CNSS, d’annuler le recrutement est un véritable drame. Une tragédie qui plonge de nombreuses familles dans le désarroi. Le cas de BEL est tout aussi illustratif : habitant aussi un quartier reculé de la ville, cette jeune mère de trois enfants vivant seule dans la capitale avec enfants, son époux travaillant en province, dit fournir des efforts surhumains pour ne pas succomber dans une dépression. Son histoire est assez triste. La pauvre dame avait déjà un emploi dans une importante institution de la place, qui lui permettait de gagner assez dignement sa vie. Depuis 2013, explique-t-elle ; elle avait un contrat qui était renouvelé chaque année dans ladite institution. Lorsqu’elle est tombé un jour sur l’avis de recrutement à la CNSS, elle s’est dit qu’elle pouvait essayer et si ça marchait, elle aurait un emploi qui serait permanent en lieu et place de son contrat qu’il fallait renouveler chaque année, avec le risque qu’un jour on refuse de le lui renouveler. C’est ainsi qu’elle dit avoir abandonné souvent ses enfants à la maison, des fois même à 3h du matin, avec tous les risques dans le noir, pour rallier l’ANPE, afin de pouvoir prendre part au fameux tirage.

Lorsqu’elle a été déclarée admise et après être allée prendre service à la CNSS, elle est allée voir son ancien employeur pour l’informer de la situation et solliciter son indulgence pour être libérée afin de rejoindre son nouvel emploi. Ce dernier; dit-elle, a été assez compréhensif et a accédé à sa requête. Et voilà qu’après seulement quelques semaines, la CNSS décide de la mettre à la rue. Comment tenir dans une telle mésaventure ? Se demande l’infortunée. Sa vie a complètement chaviré. Ne sachant plus où donner de la tête, elle dit être repartie, malgré elle-même, vers son ancien employeur pour voir s’il pouvait la reprendre. Mais cela n’était plus possible, lui a-t-on fait savoir. Et la voici dans le vide, désorientée, abasourdie.

Le cas de BEL est identique, à quelques détails près, à celui de PZ. Elle aussi était en situation de contractuelle dans une grande entreprise de la place. Suite à son recrutement à la CNSS, elle est allée cesser service chez son ancien employeur. Puis quelques jours après elle a été mise à la rue. Lorsque, désemparée, elle a fait violence sur elle-même en ravalant tout orgueil pour repartir vers son ancien employeur, non seulement elle a essuyé une fin de non-recevoir, mais il fallait aussi faire face aux railleries de certains ex-collègues qui ricanaient dans les coins de couloirs en la voyant revenir.

«C’est trop dur à supporter», laisse-t-elle entendre, en fondant en larmes. «…et le pire c’est quand tu sais que tu n’as rien fait de mal ; tu t’es sacrifié pour bosser et avoir ton concours dans l’honnêteté ; et on vient te traiter comme si tu étais le pire des parias qui puissent être…», mormone-t-elle la voix nouée par le chagrin. Le cas de FO est tout aussi saisissant: étudiante en finance-comptabilité, elle était en position de stage dans une entreprise de la place lorsqu’elle a été déclarée admise au test de la CNSS. Cette nouvelle est venue comme un très grand soulagement dans sa famille, surtout pour sa mère. Celle-ci est d’une santé un peu fragile et est reconnue dans la famille pour ne pas pouvoir supporter certains coups. Ainsi, connaissant sa maman, lorsqu’elle a appris que son recrutement était annulée, FO a essayé d’encaissé le coup toute seule et éviter que celle-ci n’en soit informée. Pendant plusieurs jours, quand bien même elle n’allait plus au travail, elle faisait tout pour ne pas laisser sa mère flairer le coup. Malheureusement, celle-ci a fini par apprendre la mauvaise nouvelle par le biais des réseaux sociaux. Bien entendu, elle n’a pas pu tenir. Elle sera évacuée et gardée à l’hôpital pendant un moment avant de regagner son domicile. C’est une maman visiblement affaiblie, totalement désemparée, d’une voix pratiquement évidée qui a du mal à s’expliquer ce qui lui arrive.

Dans les rangs des 84 admis, on ne trouve pas de qualificatif pour cette décision du DG de la CNSS.  «On peut comprendre qu’on soupçonne des fraudes. Mais encore faut-il arriver à situer les responsabilités ; encore faut-il arriver à montrer, preuves à l’appui, l’existence de cette fraude et qui en sont les responsables. Autrement, se permettre de prendre une telle décision jetant tout le monde en pâture ainsi, cela n’est pas du tout responsable. Même si cette fraude a vraiment eu lieu, on ne va tout de même pas dire que tous les 84 admis ont participé à cette fraude… ». Martèle l’un d’eux. Pour les malheureux admis, il est hors de question qu’ils avalent docilement cette pilule, car jugée trop grosse et trop amère. «Si les enquêtes arrivent à mettre à nu les pratiques frauduleuses de certains d’entre nous ou même par extraordinaire de l’ensemble des admis, nous sommes prêts à assumer. Mais se baser sur de simples soupçons pour vouloir faire porter cette camisole de force à tout le monde, nous ne pouvons pas l’accepter et nous allons nous battre jusqu’au bout contre cette injustice ». A laissé entendre le porte-parole des «malheureux admis», Aboubari Siri.

Il est bon de noter que pour l’organisation de ce recrutement il a été mis en place, suivant décision du DG en date du 19 juin 2018, un jury de délibération présidé par la secrétaire générale de la CNSS, Laurentine Zida et ayant entre autre membres, l’ex-DRH, limogé dans le sillage des dénonciations, des délégués du personnel, etc. Nos démarches envers la présidente Zida, en vue de comprendre ce qui s’est passé, sont restées sans suite.

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Une décision regrettable aux tragiques conséquences

Manifestement la décision prise par le directeur général de la CNSS, le 30 août 2018, d’annuler le recrutement des nouveaux agents au profit de sa structure, est hasardeuse. A la limite, on aurait pu s’en tenir à la décision de suspension «à titre conservatoire» des résultats du test, en attendant que les enquêtes et autres procédures en cours livrent leur verdict. L’argument de la direction générale selon lequel elle était tenue par des délais et qu’elle devait, dans lesdits délais, décider soit de reprendre ou de congédier définitivement les nouvelles recrues, ne semble pas assez consistant. Surtout qu’aucun responsable de la boîte, n’a été capable de fournir les références de quelque texte de loi prévoyant cela. Le DG s’est contenté de parler de jurisprudences. Les références desquelles jurisprudences n’ont pas non plus été fournies.

Au stade actuel des choses, personne ne peut raisonnablement donner sa tête à couper, quant à l’existence ou non de la fraude dans ce recrutement. Toutefois, on peut légitimement se demander, au regard de la présentation qui est faite du déroulement de ce recrutement, par quel miracle on pourrait arriver à démontrer, preuves irréfutables à l’appui,  que les 84  admis, sans exception aucune, ont fraudé pour se faire recruter. A supposer qu’au meilleur des cas, on arrive à prouver que seulement quelques-uns ont fraudé. Et les autres qui ont eu leur test à la régulière et qu’on a déjà  licenciés, que fait-on de leur cas ? Devront-ils accepter de passer en pertes et profits ? En tout état de cause, les hostilités sont déjà ouvertes. Tout porte à croire que les intéressés n’entendent pas se laissés compter. Ils ont déjà saisi les tribunaux pour faire entendre leur cause.  Et le moins qu’on puisse dire, c’est que la CNSS risque gros. Au cas où les faits de fraude ne seraient pas prouvés, pour tous ou même pour certains, il y aura deux cas. Soit la CNSS reprend les recrues dans leurs postes, soit ceux-ci seront à tout le moins dédommagés pour licenciement abusif. Et c’est le pauvre contribuable qui en pâtira. Ses deniers seront saignés à blanc pour réparer des préjudices dus aux turpitudes de quelques individus. Il faut oser croire que chacun sera mis face à ses responsabilités et que chacun assumera les conséquences de ses actes, le moment venu.

BYL

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Petite histoire d’un recrutement

Tout commence le 05 janvier 2018. L’ANPE lance par voie de presse un appel à candidature pour le recrutement d’agents pour le compte d’une «importante société de la place». Il s’agit de recruter 85 agents dans 19 emplois au profit de la CNSS. A cet effet, conformément à son procédé de présélection habituel, l’ANPE organise un tirage au sort du 22 au 26 janvier 2018. Il fallait pour les prétendants, avoir la chance de tirer un «oui» pour pouvoir prendre part à un test écrit. A la suite de cette présélection à l’ANPE, à laquelle ont pris part des représentants administratifs et syndicaux de la CNSS, un contrôle qui avait pour objet, entre autres de faire un croisement des listes fournies par l’ANPE avec celles détenues par les différents représentants, a été effectué. Après ces vérifications préalables, une liste de candidats autorisés à composer a été publiée le 07 Mai 2018. Les candidats admis à composer ont pris part à ladite composition le 12 mai 2018 excepté, pour certains emplois dont la composition à eu lieu le 25 mai 2018. Après délibération, certains candidats ont été déclarés définitivement admis, dans les emplois pour lesquels des épreuves orales n’étaient pas prévues, suivant communiqué du 20 juin 2018. Ces derniers ont effectivement signé leur prise de service le 03 juillet 2018. En ce qui concerne les emplois nécessitant des épreuves orales, la liste des candidats déclarés définitivement admis a été publiée le 03 juillet 2018 et ces derniers ont signé la prise de service le 05 juillet 2018.

Après cette prise de service, comme cela est de coutume à la CNSS, les candidats recrutés ont été placés en situation de formation d’immersion, prévue pour durer trois semaines, à compter du 09 juillet 2018. Cette formation, apprend-on, fait partie intégrante de la période d’essai et est ainsi considérée comme une période d’activité dans les textes qui régissent la CNSS.

C’est pendant cette période qu’ont commencé les dénonciations du concours. D’abord c’est le comité CGTB de la CNSS qui est monté au créneau à travers une conférence de presse le 04 juillet 2018.  S’en est suivi une conférence de presse conjointement organisée par les deux autres branches syndicales  (USTB et la CNTB), le 06 juillet. Celles-ci se démarquer de la dénonciation du comité CGTB. Suite à cela, le comité CGTB revient à la charge à travers une deuxième conférence le 12 juillet, puis une troisième le 02 Aout 2018. Il réclame instamment l’ «annulation pure simple du concours».

Toutes  ces conférences se succédaient pendant que les nouvelles recrues poursuivaient leur formation d’immersion et c’est à 48 heures de la fin de celle-ci, soit le 25 juillet 2018, que le directeur général de la CNSS a décidé de suspendre «à titre conservatoire l’emploi et la formation des candidats admis au test de recrutement suivant communiqués des 20 juin et 3 juillet 2018». Après cette décision de suspension, les nouvelles recrues disent avoir entrepris des démarches et ont obtenu une rencontre avec les responsables de la CNSS le 02 Août 2018 pour connaitre les raisons de cette suspension. Ils n’ont malheureusement eu droit à aucune explication. Soutiennent-elles. C’est donc dans l’attente d’une éventuelle décision levant la suspension, que les candidats admis ont été informés de l’annulation du test de recrutement le 30 Août 2018, suivant communiqué de la même date, signé du Directeur général de la CNSS.

Suite à cette annulation, les agents nouvellement recrutés ont entrepris une démarche de concertation avec l’administration de la CNSS le vendredi 31 Aout 2018. Ils voulaient notamment connaitre les motivations de cette décision d’annulation. Après environ trois heures d’échanges, la délégation des agents nouvellement engagés, conduite par son porte-parole, Aboubakari Siri, est sortie de la salle de concertation avec le sentiment de n’avoir pas été comprise et entendue. «A la question de savoir pourquoi l’administration de la CNSS a décidé d’annuler le test de recrutement, il nous a été rétorqué que c’est parce qu’elle était liée par un délai de deux mois, à compter de la décision de suspension survenue le 25  juillet 2018, lequel délai les obligeait soit à rappeler les agents, soit à annuler le test de recrutement. Face à une telle obligation, l’administration de la CNSS a décidé d’annuler le test. A la question de savoir pourquoi avoir préférer l’annulation à la reprise des agents, la délégation envoyée par Monsieur le Directeur Général a, après une demi-heure de concertation, répondu que c’est parce que les enquêtes sont toujours en cours et que toute suite prise sur cette affaire allant dans le sens de la reprise des agents risquerait de confronter la CNSS à des difficultés avec les corps de contrôle qui mènent les enquêtes…». Explique le porte-parole Siri.

Après avoir observé jusque-là un silence relatif, en espérant, disent-ils, que le bon sens finirait par prévaloir chez les uns et les autres,  et face à la tournure que prend l’affaire, les «malheureux admis» ont désormais décidé de prendre leurs responsabilités et de défendre résolument leurs droits. Pour cela, ils disent privilégier la voie de la justice. Des procédures en suspension, puis en annulation de la décision du DG ont été entamées au niveau du tribunal administratif. Outre cela, certains d’entre eux estiment avoir été diffamés injustement. En effet, au plus fort de la campagne de dénonciation de la présumée fraude, certains n’ont pas hésité à élaborer une liste de 32 admis présentés comme ayant des liens de parenté avec certains agents de la CNSS et auraient été pistonnés pour avoir le concours. Cette liste a été publiée par certains journalistes qui sont revenus se démentir, lorsque les personnes mises en causes ont tenté d’ester en justice. Les journalistes en question ont préféré négocier en coulisses pour ne pas aller en justice, tout en publiant un démenti de leur propre article. Pour les admis, cela est la preuve que leurs contradicteurs n’ont, en réalité, rien de consistant pour soutenir leurs allégations de fraudes.

BYL

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Des  querelles byzantines de syndicalistes  ?

A en croire certaines sources bien introduites, cette crise consécutive au recrutement à la CNSS n’est rien d’autre que la résultante de vieilles querelles de clans syndicalistes rivaux au sein de la boîte. En effet, depuis de longues années, explique-t-on, les leaders des trois syndicats représentés à la CNSS se vouent une inimitié sans nom. L’une des manifestations récentes de cette inimitié serait liée à une affaire de désignation d’un représentant de l’ensemble des trois syndicats pour siéger au sein du conseil d’administration de la CNSS. Les trois devraient se concerter pour désigner ce représentant. Mais faute de consensus, l’un des syndicats aurait tenté un passage en force en désignant unilatéralement le représentant en son sein et en transmettant le nom de l’intéressé à la direction pour intégration au conseil d’administration. Mis devant le fait accompli, les deux autres syndicats auraient saisi à leur tour la direction, pour opposer une sorte de véto au siège du représentant désigné unilatéralement. Face à cet imbroglio, la direction de la caisse aurait décidé de suspendre la participation de l’intéressé aux sessions du conseil en attendant un éventuel accord. Malgré son insistance, l’administrateur contesté n’aurait jamais pu prendre part au conseil, en dépit du fait qu’officiellement il en fait partie. D’où une certaine frustration de la part de ce dernier, ainsi que de son syndicat. Pour eux l’administration et les deux autres syndicats seraient de mèche pour bloquer leur participation au conseil. Ce test de recrutement serait donc une occasion rêvée pour eux de se venger à la fois de l’administration et de leurs rivaux traditionnels. Mais il n’y a pas que ça… Jusqu’où ira ce bras de fer ? Affaire à suivre !

BYL

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Seydou Koné,  secrétaire général de la coordination des comités CGTB de la CNSS: «Seuls ceux qui ont pris cette décision peuvent dire quelles sont leurs  motivations»

Le secrétaire général de la coordination des comités CGTB de la CNSS, seydou Koné et ses lieutenants ont été très actifs suite à la publication des résultats du concours de recrutement des 84 agents au profit de la CNSS. Ils sont convaincus, au regard des résultats, qu’il y a eu maldonne. Pour cela, ils ne se sont pas laissé compter. Ils ont mené une véritable croisade pour obtenir l’annulation du concours. Nous vous proposons de larges extraits de l’entretien qu’il nous a accordé à ses bureaux de la CNSS le 26 septembre 2018.

Le Reporter : On vous a vus monter maintes fois au créneau pour exiger l’annulation du recrutement des 84 agents au profit de la CNSS. Et visiblement vous avez été entendus. Que reprochez-vous exactement à ce concours?

Seydou Koné : Nous avons été associés à un concours de recrutement initié par notre direction générale, en tant que membres du collège des délégués du personnel. A l’issue donc de ce concours qui est un processus, du lancement jusqu’à la proclamation des résultats, il nous a été rapporté qu’il se peut qu’il y ait eu effectivement de la fraude, la manipulation des résultats, par la direction (…). Au regard des premiers résultats déjà, nous avons eu de forts soupçons. Parce  que, par rapport à ces premiers résultats, la tendance était qu’il y a beaucoup d’admis qui avaient des liens de parenté avec des agents de la CNSS. Il nous a semblé étonnant que dans une proportion assez inquiétante, pratiquement le tiers des admis, avaient des liens de parenté avec des agents de la CNSS (…). Nous avons été beaucoup interpellés ; il y a eu beaucoup d’affirmations à un moment donné, mais nous n’avions pas d’éléments sur lesquels nous appuyer pour pouvoir dénoncer. Mais lorsque nous avons reçu les premiers résultats, nos soupçons se sont encore agrandis, parce que notre étonnement était grand et nous nous sommes dits, là, peut-être que la chose est bien moulée, bien organisée ; il fallait donc se jeter à l’eau. Parce que les dénonciations étaient nombreuses et notre rôle, en tant que structure de veille citoyenne, était mise à rude épreuve ; et surtout que nous avions des éléments qui ont participé, cela veut dire que nous donnons du crédit au processus. Et dès lors que nous même, malgré notre participation nous avons des doutes (…) surtout que dans le processus, nous n’avons pas participé à toutes les étapes. Il y a des étapes que le directeur des ressources humaines a qualifiées d’«étapes administratives»,

Concrètement, sur le terrain, comment les choses se sont-elles passées exactement ?

…Nous avions, par exemple pour le tirage au sort, deux représentants (…) Il y a trois structures de syndicats de base, et donc les trois syndicats de base ont envoyé chacun deux délégués du personnel donc, ça faisait six délégués de personnel. Maintenant, le tirage se faisait par guichet selon l’emploi. Mais, vous conviendrez avec moi que là où on confectionne les «oui», là où on confectionne les «non», c’est une étape qui est importante.

Qu’est-ce à dire? Ne s’agitil pas de bouts de papiers…

C’est des bouts de papiers ; ça veut dire qu’il fallait s’assurer que dans le panier même le nombre de «oui» correspond au nombre de «non». Ça c’est des étapes importantes. Il fallait également s’assurer que ceux qui tirent les «oui» et les «non»…

Le   nombre de «oui» devrait-il forcément correspondre au nombre de «non» dans le panier?

Non ça veut dire que, tel que c’est fait, on décompte le nombre de candidats alignés. Je prends un exemple, par emploi, on prend 10 personnes, pour un poste. Donc, si on a un poste ou veut 10  candidats, ça veut dire qu’on va prendre 10 fois 10, ce qui fait 100 candidats. Donc on doit mettre 100 «oui» et, selon le nombre de candidats, le reste des «non» et on mélange le tout et on met à tirer. Donc, par exemple, ce processus, il faut bien le suivre.

A quoi pensez-vous, qui puisse être fait à ce niveau comme fraude ?

Mais,  plusieurs types : le nombre de «oui» peut ne pas être les 100, dans l’exemple que je viens de citer; on peut avoir mis 50 «oui» ou 75 «oui »…

Mais, à la fin du tirage, il faut bien qu’on ait les 100 «oui» avant darrêter le processus, ou bien comment ça se fait exactement ?

Oui, il faut bien qu’on ait les 100 avant d’arrêter, mais si moi j’ai réussi à mettre 50 «oui», et que j’ai par devers moi les 50, ces 50, je les place et je mets les intéressés dans les rangs…

Mais ça se passe devant les représentants syndicaux; non ?

Il y a des représentants mais, quand j’arrive, je mets, comme ça et j’enlève (il fait un geste de la main, ndlr), et je dis j’ai eu un oui, il faut qu’on vérifie. Or tel qu’ils m’ont expliqué, quand on tirait et quelqu’un disait qu’il  a «oui», il faut aller dans un autre groupe qui enregistre. Vous voyez? La chose, malgré la vigilance, avec le recul, n’était pas aussi fiable que ça. Or, il se trouve qu’à ce niveau, ce n’est pas la première fois ; et nous avons été interpellés. Du reste même, on a demandé que séance tenante, les listes qui vont être arrêtées, qu’on puisse nous les remettre. Mais malheureusement, ce que le collègue m’a rapporté –moi je n’y étais pas- c’est que c’est à la fin de tous les tirages qu’on lui a remis toutes les listes…

Mais est-ce que matériellement une fraude est possible à ce niveau, puisque si une personne a tiré un oui et à la fin il ne retrouve pas son nom sur la liste il devrait pouvoir protester ?

Non  mais,  c’est un travail qui peut se faire puisque tout dépend de la complicité des acteurs ; voyez-vous, si vous avez pu réunir 100 personnes pour surveiller, si vous avez 50 faux surveillants, vous êtes sûrs que là où il y a les faux surveillants, c’est là-bas le bât blesse. La question c’est ça : est-ce que nous avions tous le même objectif ? La preuve est que lorsque nous avions voulu dénoncer, vous avez suivi avec moi, un autre groupe est sorti pour dire qu’il n’y a pas eu de fraude. Il serait peut-être bon aujourd’hui de leur demander : est-ce que selon eux, à la date d’aujourd’hui, il y a fraude ou pas ? Puisqu’ils avaient dit qu’il n’y a pas eu de fraude. Parce qu’on fait le constat, avec le temps, que le DRH a été relevé de ses fonctions ; on fait le constat que la formation et l’emploi ont été suspendus ; on fait le constat que le test a été annulé ; et pourquoi ?

Oui, justement j’allais en venir : selon vous pourquoi ces décisions, d’autant plus que les enquêtes sont toujours en cours et n’ont pas encore révélé leurs résultats ?

Bon, vous savez que  vous posez la question à la mauvaise personne ; il n’y a que ceux qui ont pris ces décisions qui peuvent vous répondre quelles ont été leurs motivations; nous, nous avons fait le constat comme vous, qu’on a relevé le DRH de ses fonctions ; nous avons pris la décision, nous avons regardé, nous n’avons rien compris, puisqu’on n’a pas vu pourquoi on l’a enlevé. C’est pas mis «vu les nécessités de service» comme d’habitude  ; c’est pas mis «vu les malversations qu’il a commises…», on ne sait rien. Donc, jusqu’à ce jour, nous aussi nous sommes restés sur notre faim comme vous ; voilà.

Mais vous revendiquiez cette annulation

Nous revendiquons cette annulation, parce que nous pensions qu’il y a eu fraude, qu’il y a eu manipulation des résultats, et nous avons déposé des requêtes dans ce sens.

Mais est-ce qu’il n’était plus raisonnable d’attendre les résultats de ces enquêtes pour pouvoir demander quoi que ce soit ?

Oui, vous savez, dans pareilles circonstances, il faut savoir exactement ce qu’on  veut : soit on a des soupçons, soit on n’en a pas. Et les soupçons  ne peuvent pas être une affaire en l’air. Parce que, vous savez, on est prompte à la critique, mais lorsqu’on est une structure assez responsable, nous nous devons quand même, avant d’aller à la dénonciation, d’avoir certaines pistes sérieuses.

Et en termes de pistes sérieuses, qu’est-ce que vous aviez concrètement sous la main, en plus des soupçons dont vous faites cas ?

Bon, je vous ai déjà dit que la probabilité qu’un test où il y a 9000 candidats, et que sur les 9000 candidats, il y ait un fort taux de «oui» lié à la famille des agents qui ne sont que 900… ; je vous ai  déjà dit que ça c’est le premier élément de doute: la coïncidence est assez belle. Le second élément, que les admis ; encore dans cette proportion-là,  il  y ait encore un fort taux (au moins 30%), ça fait trop de coïncidences, (…). Quand vous êtes l’organisateur et que les recrues sont vos enfants, vos femmes, bon, je crois que quelque part, vous ne pourrez pas vous défendre.

Concernant cette  proportion de 30% des admis qui aurait des liens de parenté avec des agents de la CNSS, comment a-t-on pu l’établir ? Y a-t-il eu une étude sérieuse qui a permis d’établir des liens ? Parce qu’on a vu certains confrères avancer ces chiffres et publier des listes de personnes qui auraient de supposés liens avec des agents de la CNSS, mais par la suite, ils se sont démentis eux-mêmes. Est-ce qu’à votre niveau il y a des  recherches approfondies qui ont permis d’avoir ces chiffres sur lesquels vous vous fondez ?

Bon, comment on appelle… j’ai lu les mêmes articles, mais apparemment, ils semblent s’être trompés sur une partie ; pas sur tout…

Justement ; du coup estce que la proportion de 30% n’est pas erronée quelque part ?

Bon, à notre niveau, nous avons essayé de regarder ; vous savez, quand on est aussi dans une institution, on travaille ensemble, on se connait aussi. On connait les enfants; on connait les femmes; les cousins, les neveux des uns et des autres donc, lorsque nous avons regardé les listes, nous savions à peu près qui a des accointances avec qui…

Propos recueillis par BYL

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Aboubakari siri, porte-parole des nouvelles recrues de  la Cnss : «Cette décision est une dictature syndicale»

Il est depuis le 30 août, à l’avant-garde du combat des infortunés admis pour la préservation de leurs droits. Juriste de formation, Aboubakari Siri, fait montre d’un leadership admirable à la tête de ses camarades d’infortune. le verbe posé, il est au-devant de toutes les démarches pour les besoins de la cause. Très déterminé, il se dit prêt à aller jusqu’au bout avec ses camarades. A travers cet entretien il revient sur le  sens de son combat et les actions à mener pour atteindre leurs objectifs.

Le Reporter : Comment avezvous accueilli la décision d’annulation de votre recrutement à la CNSS ?

Comme j’ai eu l’occasion de le dire à plusieurs reprises, avec cette décision d’annulation, la CNSS nous a mis devant le fait accompli. Une telle décision, prise dans ces conditions,  ne peut qu’être accueillie dans la plus grande stupéfaction et surtout avec beaucoup d’amertume pour des gens qui étaient déjà engagés. En effet, quand nous avons reçu l’information relative à l’annulation le 30 Août 2018, ce fut comme si le ciel qui nous tombait sur la tête. Aussi, ce genre de décision, n’eut été l’attachement aux valeurs de la république et le sens de responsabilité dont les quatre-vingt et quatre (84) agents recrutés ont fait preuve, pouvait pousser à une révolte qui serait difficilement maîtrisable, et cela serait très dommageable pour l’institution qu’est la CNSS, et partant pour notre pays. Par ailleurs, Au-delà des 84 agents qui ont été remerciés ainsi, je pense qu’une telle décision administrative doit choquer et interpeller tous les burkinabè en général et les organisations professionnelles des travailleurs en particulier parce qu’elle pourrait dangereusement augurer les conditions d’une puissance illégitime et illégale de l’administration publique ainsi que des employeurs privés dans notre pays. C’est une décision regrettable qui continue de nous choquer énormément.

Comprenezvous cette décision? Vous a-t-on donné les raisons qui la justifient ?

Non, nous ne comprenons absolument pas cette décision d’annulation parce qu’elle ne se justifie point, ni sous l’angle du droit positif burkinabè, ni sur le plan de la justice sociale. Au lendemain de l’annulation, soit le 31 Août 2018, nous avons rencontré une délégation représentant la direction générale de la CNSS. Cette rencontre a duré trois heures environs. A la question de savoir pourquoi l’administration de la CNSS a décidé d’annuler le test de recrutement, il nous a été expliqué que c’est parce qu’elle  était liée par un délai de deux mois, à compter de la décision de suspension intervenue le 25 juillet 2018, lequel délai les obligeait soit à rappeler les agents, soit à annuler le test de recrutement. Face à une telle obligation, disent-ils, l’administration de la CNSS a décidé d’annuler le test. A la question de savoir pourquoi avoir préféré l’annulation à la reprise des agents, la délégation envoyée par Monsieur le Directeur Général a, après une demi-heure de concertation, répondu que c’est parce que des enquêtes sont en cours et que toute suite prise sur cette affaire allant dans le sens de la reprise des agents risquerait de confronter la CNSS à des difficultés avec les corps de contrôle qui mènent toujours  ces enquêtes. (…) Pour nous, les véritables raisons de cette annulation sont plutôt à rechercher dans la pression injustifiable du syndicat, en l’occurrence le comité CGTB de la CNSS ainsi que dans la fameuse lettre dont j’ai parlée tantôt qui pourrait elle-même s’expliquer par la recherche d’un climat apaisé dans notre pays. Dans cette affaire, des principes fondamentaux du droit administratif, notamment celui de l’intangibilité des actes créateurs de droit ainsi que les règles du code du travail ont été tout simplement violés pour faire écho à la volonté et aux caprices d’un syndicat et d’une organisation de la société civile qui, elle, n’a absolument rien compris dans cette affaire. C’est malheureux qu’elle se laisse induire en erreur par le comité CGTB de la CNSS et les candidats dits malheureux. Ce qui importe pour moi dans cette interview, c’est d’attirer l’attention des autorités de notre pays sur le fait qu’accéder à la requête d’un syndicat, qui a gratuitement porté des accusations sur des gens est tout simplement incompréhensible. Personnellement, j’ai la conviction que dans une telle situation l’administration de la CNSS et son ministère de tutelle se devaient de prendre une décision qui allait faire à la fois honneur au droit et renforcerait l’autorité de l’Etat qui est constamment mise à rude épreuve. Je veux dire qu’ils devaient tout simplement s’assumer.

Comment vivent cette décision les 84 concernées? Certains seraient très durement affectés?

Cette décision à des conséquences sociales dramatiques sur les agents nouvellement recrutés. La réalité, c’est que la CNSS a, en annulant ce concours, plongé les nouvelles recrues dans une situation financière difficile. En outre, elle a complètement déstructuré la psychologie et le moral de beaucoup de nouvelles recrues qui sont aujourd’hui victime de la haine d’autres burkinabè. Pour dire vrai, cette décision a impacter négativement la vie des nouvelles recrues que nous sommes. Je pense que les mots que j’ai sont peu pour vous traduire la réalité psycho-sociale que vivent ces nouvelles recrues du fait de l’annulation. Tous les jours, je suis témoin de la galère et des difficultés de tous ordres créées par cette décision dont la CNSS est seule responsable. Il faut le vivre ou en être témoin pour mieux comprendre. Le paradoxe c’est que le slogan de la CNSS c’est « la CNSS, les vertus de la solidarité». S’Il est vrai que ce slogan traduit une dimension de la mission de la CNSS, il n’est pas moins logique de penser qu’elle ne s’inscrit pas dans un tel slogan en allant débaucher des burkinabè chez leurs employeurs et venir les remettre au chômage. Je pense qu’elle n’est pas en compatibilité avec ce slogan lorsqu’elle met des burkinabè dans une situation qui frôle le dénuement en annulant les résultats d’un test qui s’est tenu régulièrement. En tant que porte-parole des nouvelles recrues, je reçois régulièrement des coups de fils de certains parents qui, difficilement, et avec des voix tremblotantes m’expliquent leur situations familiales respectives. Certains en viennent même à maudire tous ceux qui ont injustement œuvré à l’annulation du test de leurs enfants admis honnêtement. Pour peu qu’on ait la foi et que l’on soit convaincu qu’outre le tribunal des hommes, il y a également le tribunal de dieu et celui de la conscience, l’on s’oblige à demeurer dans la conviction que ces personnes et leurs complices  payeront chèrement le prix de leur attitude, tôt ou tard, ici ou ailleurs. C’est une attitude injuste et exclusivement inspirée par la haine, la vengeance et des intérêts purement égoïstes.

Vous estimiez, à lannonce de cette décision, qu’elle était une dictature syndicale. Pourquoi disiez-vous cela?

Je rappelle que la première foi que j’ai qualifié cette annulation de dictature syndicale, c’était à la sortie de la rencontre avec la délégation de la CNSS. Quand vous avez d’un côté une administration de la CNSS qui peine à vous donner des motivations justes de sa propre décision d’annulation et que de l’autre côté vous avez un syndicat, en l’occurrence le comité CGTB, qui exige l’annulation d’un test régulier et donne même un ultimatum à l’administration pour le faire, vous ne pouvez, a l’annonce d’une telle annulation, que qualifier cela de dictature syndicale. Malheureusement, les Africains en général et les burkinabè en particulier ont toujours cru à tort que la dictature est l’apanage des politiques notamment ceux qui nous gouvernent alors qu’elle peut être l’œuvre d’organisation de la société civile ou d’autres structures qui imposent leur diktat soit aux gouvernants, soit au reste du peuple. Dans notre cas spécifique, c’est le comité CGTB de la CNSS qui a imposé son diktat en donnant un ultimatum d’un mois à l’administration de la CNSS pour annuler le concours lors de sa conférence de presse du 2 Août 2018.

Que comptezvous faire pour faire valoir vos droits?

Nous comptons user des voies de droit pour faire valoir nos droits. Nous sommes beaucoup attachés à la république. C’est pourquoi nous n’avons jamais pris un seul bâton contre qui que ce soit malgré que nous sommes victimes d’une injustice. Nous avons déjà saisi le tribunal administratif de requêtes aux fins de suspension et d’annulation de la décision d’annulation du directeur général qui constitue sans nul doute au plan juridique un excès manifeste de pouvoir. La suite de notre attitude et la nature des actions ultérieures dépendra de la décision qui sera rendue par le tribunal et de l’attitude de la CNSS. Nous comptons garder le cap jusqu’à ce que nous soyons rétablis dans nos droits parce que nous n’allons jamais abdiqué face à ceux qui veulent faire de nous des victimes résignées.

Propos recueillis par mail par  BYL

Y. Ladji BAMA
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