REDUCTION DES INEGALITES DANS LE MONDE : Les propositions de OXFAM et l’AJB

«Celles qui comptent», c’est sous ce thème que l’ONG OXFAM a présenté son rapport sur les inégalités dans le monde. Cette présentation, en collaboration avec l’Association des journalistes du Burkina (AJB), a eu lieu ce 25 janvier 2020 à Ouagadougou. Pour les conférenciers, la pauvreté au Burkina est due aux inégalités basées sur le genre et l’injustice fiscale.

Des filles et des femmes assument chaque jour l’équivalent de 12,5 milliards d’heures de soin non rémunérées. La valeur du travail non rémunéré serait d’au moins 10.800 milliards de dollars. Un chiffre qui est tout de même sous-estimé. Selon le rapport présenté par l’ONG OXFAM, 42% de femmes en âge de travailler n’occupent pas d’emplois rémunérés, contre 6% des hommes. Cela est dû à leurs responsabilités en matière de travail non rémunéré.

En plus d’effectuer gratuitement le travail de soins dans leur foyer, beaucoup de femmes pauvres travaillent également aux services d’autres personnes en tant que travailleuses domestiques qui est l’un des secteurs où la main d’œuvre est la plus mal payée dans le monde.

Les gouvernements ouest-africains exacerbent les inégalités en sous-finançant les services publics tels que la santé, l’éducation, le secteur agricole ; en sous-taxant les entreprises et les plus riches et en ne luttant pas efficacement contre l’évasion et l’évitement fiscal ainsi que la corruption.

Pour Mariamé Ouattara, experte en genre, le travail non rémunéré contribue à 65% du PIB. Ce qui constitue pour elle un manque à gagner. Rémunérer pour elle ne signifie pas salaire seulement, mais c’est plutôt la comptabilisation de ces activités dans l’économie nationale. Quant à la mobilisation fiscale, il faudrait revoir la fiscalité des entreprises qui accumulent les richesses. Et aussi faire appliquer le Code minier de 2015 qui souffre d’applicabilité. «Si on arrive à construire une politique autour de la réduction de la fraude, on pourrait gagner pas mal de revenus et investir dans les secteurs sociaux», a indiqué Sosthène Konaté, chef de programme à OXFAM.

Le Burkina est l’un des pays ouest-africains moins engagés en matière de protection des droits du travail. Pour inverser la tendance, des recommandations ont été faites. Pour le Burkina, il faut investir dans les services publics chargés de rééquilibrer la responsabilité du travail de soin de façon disproportionnée aux filles, éradiquer l’extrême pauvreté en mettant un terme à l’extrême richesse.

Pour les experts de OXFAM, 22 personnes dans le monde détiennent des ressources dépassant le double de la richesse de toutes les femmes de l’Afrique. Cette inégalité est possible à cause de la division sexuelle des tâches et les politiques publiques.

Salomée SIMPORE (Stagiaire)

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