Si Djibo nous était compté !

Enlevé le 11 août et retrouvé assassiné le 15 août 2020, le grand Imam de Djibo, Souaibou Cissé, était l’incarnation de la résilience. Son assassinat après celui des autres remparts sonne comme une forteresse qui s’écroule. Cet autre deuil que nous faisons, s’il est des plus sincères, devrait marquer la rupture avec ce que nous avons vécu jusque-là, à savoir l’absence de la sainte colère en chacun. A Djibo, nous avons ravalé notre honneur, celui hérité de nos fiers aïeux, sans honte. Si rien n’est fait, Djibo risque de devenir une ville fantôme. Et si cela advenait, Djibo tomberait entre les mains des ennemis du Burkina.

Mais diantre qu’attendons-nous pour préserver ce territoire ? Si cette question ne mérite pas d’être posée, alors, soit nous avons abdiqué par inconscience et par incompétence, soit nous avons «vendu» le rêve du Burkinabè, puisque le Voltaïque s’en est allé, sans laisser de reliques. Si Djibo nous était compté, si Djibo est encore nôtre, si nous revendiquons que nous devrons former une même et seule famille et Djibo avec, cette ville martyr doit enfin être vengée afin que le sang versé des dignes fils de ce pays ensemence notre destin commun. Mais enfin ! Là, c’est si Djibo nous était compté.

Djibo ! Ce n’est pas la seule localité régulièrement endeuillée ! Non ! Mais à Djibo, nous sommes comme des bras cassés. Le terrorisme de chez nous est loin de toute logique. C’est absurde de chercher à savoir, à comprendre. Il faut jeter notre va-tout pour le combat. Mourir les armes à la main n’est pas un slogan pour les militaires seuls. La patrie ou la mort devrait être la seule boussole de toute âme qui vive sur ce territoire.

Malheureusement, chez nous, tout sonne comme si, au nom de l’argument farfelu de la guerre asymétrique, on attend que l’ennemi se montre pour que l’on puisse en découdre avec. Non ! Il ne se montrera pas. Il faut le dénicher. Et Djibo devrait compter pour nous tous. Sauvons Djibo !

Aimé NABALOUM
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