SOCIETE DE GESTION DE LA PLATE-FORME SYLVIE (SOGESY) : La Direction et des agents à couteaux tirés

La société chargée de la gestion du système de liaison virtuelle des opérations d’importation et d’exportation (SYLVIE) entre progressivement dans une ère de turbulences. Mise en service officiellement le 16 février 2016, elle a pour objectif de simplifier et de réduire les délais et les coûts des formalités de pré-dédouanement des marchandises des opérateurs économiques installés au Burkina Faso. Mais visiblement, l’atteinte de cet objectif est mise à mal. En effet, la gestion de la boîte par le premier responsable est décriée par certains agents. Au centre de cette mésentente, la gestion des carrières des agents, les permutations des agents, la non-adoption du statut du personnel et du règlement intérieur de la structure, etc. Le climat social au sein de la structure se détériore progressivement. Les deux parties se regardent pratiquement en chiens de faïence.

A sa création, c’était l’innovation majeure en termes de guichet électronique de collecte, de traitement et de délivrance des documents du commerce extérieur. Mais deux ans après sa mise en œuvre, la plateforme, malgré ses récentes performances, semble avoir du mal à amorcer sa vitesse de croisière. Et pour cause, sa gouvernance ne satisfait pas tous les agents. Certains décrient avec véhémence ce qu’ils considèrent comme une gestion «monarchique»  de la boîte. Selon eux, les conditions de vie et de travail des agents ne semblent pas être une priorité pour la Direction. A en croire ces derniers, la plupart des agents ont été recrutés en 2015 pour un contrat à durée indéterminée avec une grille salariale bien définie. Mais, après plus de deux ans de services, rien n’a bougé au niveau de l’avancement de ses agents. Raison invoquée au sein de la Direction, malgré l’amélioration de la santé financière de la  structure, la période ne semblait pas propice pour une prise en compte de ces avancements. Néanmoins, l’entreprise a promis de régulariser la situation des agents dans le courant de l’année 2019. Également, concernant cette situation, une réunion fut tenue en décembre dernier. Il avait été question de la mise en place d’une commission qui allait se charger de travailler sur la question et faire des propositions.

Fonctionner dans l’informel 

Fait troublant, après plus de deux  années d’existence, ni le statut du personnel, ni le règlement intérieur de la société n’est toujours adopté. Est-ce une négligence des agents ou de la mauvaise foi des responsables de la structure ? En tout cas, jusque-là, tout porte à croire que la société fonctionne dans un cadre informel. Selon les agents, toutes les interpellations à l’endroit du Directeur général concernant cette affaire ont été vaines. Comme raison invoquée, bien que adopté à minima par le Conseil d’administration, les textes n’ont toujours pas été soumis à l’Inspection du  travail. Aux dernières nouvelles, les élections pour les délégués du personnel ont été tenues le 15 mars 2019. Au niveau de la Direction, on soutient que la procédure suit son cours, et que la validation du statut du personnel et du règlement intérieur ne saurait tarder.

Ce n’est pas le seul reproche qui est fait au Directeur général. En plus de constater le statu quo sur les avancements, les agents de la structure seraient permutés à tout vent au bon gré du Directeur général. Des agents auparavant recrutés pour des tâches bien définies se retrouveraient à tout faire à la fois. En effet, selon des témoignages, il n’est pas rare de constater qu’un agent recruté pour l’accueil et information soit subitement balancé à la section d’initialisation chargée de l’enregistrement des données. De plus, un autre agent aurait été permuté à maintes reprises. L’agent recruté au départ en tant que chargé d’impression aurait été d’abord valsé à l’accueil et information, puis chargé de retrait.

Contacté, le Directeur général soutient que la grosse charge de travail au sein de la structure explique cette situation. En effet, pour lui, compte tenu du nombre de personnel limité, non seulement la charge de travail est énorme, mais au sein de la structure, «les agents devraient faire preuve d’une polyvalence comme le stipule leur contrat».

En début d’année 2018, un audit organisationnel et une enquête de satisfaction clientèle ont été commandités par le Conseil d’administration dans le but de mesurer le niveau de satisfaction des clients et le management de la société. Un cabinet recruté à cet effet aurait même bouclé son travail. Le rapport définitif aurait été transmis à la hiérarchie. Mais seulement, jusque-là, c’est silence radio quant aux conclusions de cet audit. Le Directeur général évoque qu’une restitution a été faite devant le comité de Direction, et que des mesures seraient prises pour remédier aux failles soulevées par l’audit. Un an après l’audit, les agents estiment que la situation n’a évolué.

Salifou OUEDRAOGO

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