SOCIETE DE SECURITE PRIVEE WEND-PAANGA : Des traitements de misères réservés aux vigiles

Ils sont nombreux ces employés des sociétés de sécurité privée et de gardiennage qui dénoncent des traitements de négriers de la part de leurs employeurs. Salaire de misère, sécurité sociale de façade, coupures intempestives et injustifiées de salaires, etc. C’est une kyrielle d’abus qu’on dénombre dans ces entreprises. Les employés de l’entreprise de gardiennage de surveillance et de nettoyage WEND-PAANGA ne sont pas en marge de ces traitements d’une autre époque. Ils vivent l’enfer au sein de leur structure.

Certains employés de la société de sécurité privée WEND-PAANGA ne finissent pas de se plaindre du traitement qui leur fait par leur employeur. Entre coupures intempestives de salaires et rythme de travail infernal, ces employés n’en peuvent plus. Si nombreux sont ceux qui supportent ces abus, certains employés, quant à eux, ont décidé de démissionner. C’est le cas de Poda, recruté en 2006 en qualité d’agent de sécurité au sein de la société. Au départ, affecté à l’Ambassade du Canada à Ouagadougou comme agent de sécurité, il soutient que tout allait bien jusqu’en 2007 où leur traitement va connaitre un chamboulement. Poda soutient que le traitement était bien appréciable. Mais en 2007, il a été affecté pour la surveillance du domicile d’un particulier. Là, le salaire de Poda va connaitre un net changement. Il sera presque divisé par deux. Un salaire de 55 000 FCFA lui était versé mensuellement. Après plusieurs contestations auprès de la Direction sans succès, il s’est finalement résolu à accepter ce salaire de «misère». Et ce n’est pas tout.

Les employés signalent également des coupures intempestives et injustifiées de leurs salaires en cas d’absence. En effet, malgré une autorisation d’absence obtenue en bonne et due forme, une retenue de salaire est opérée sur le salaire des employés en cas d’absence. Pire, ils estiment que le mode de calcul des retenues pose problème. Selon eux, pour avoir le montant de la retenue par jour d’absence, la Direction procèderait d’une manière irrégulière. Ils expliquent qu’au lieu de diviser le salaire par le nombre de jours du mois concerné comme le font d’autres entreprises, la Direction de WEND-PAANGA préfère plutôt diviser le salaire par 28 jours pour toute absence, même justifiée. Ce que contestent les employés, car selon eux, ce mode de calcul augmente le montant de la retenue. Poda, en première ligne, et ses camarades vont alors protester auprès de la Direction.

Le directeur de l’époque avait finalement consenti à accepter la proposition des agents. Le mode de calcul était désormais fonction du nombre de jours du mois. Mais visiblement, les superviseurs, collaborateurs du premier  responsable de la structure, n’avaient pas du tout aimé ce revirement de situation en faveur des agents, car, il ne faisait visiblement pas les affaires des superviseurs. Depuis lors, Poda sera repéré par ces superviseurs et déclaré comme l’homme à abattre. Il est cerné de toutes parts par ces derniers. Ils déclarent alors la guerre ouvertement à l’infortuné. Ils lui font comprendre que son nom sera en tête de liste en cas d’une probable compression. Ils ne tarderont pas à mettre à exécution leur menace.

En 2013, une compression est annoncée. Il y a trois noms sur la  liste. Comme il fallait s’y attendre, Poda est en tête de liste. Les compressés essaient de comprendre les critères qui ont sous-tendu le choix des noms sur la liste. Mais aucune réponse ne leur est servie. Finalement, les trois agents seront mis en chômage technique. Avec la «baraka», le temps de repos de Poda sera de courte durée. Sous la pression de certaines Ambassades où il a servi comme agent de sécurité, il est rappelé par la Direction. On lui propose un poste de vigile dans le domicile privé d’un particulier avec un  salaire de 55.000 FCFA, largement en deçà de ce qu’il gagnait à l’Ambassade. N’ayant pas eu de choix, il va accepter le poste. Ses déboires n’en finiront pas pour autant. On continue de lui mener la vie dure.

En 2018, la situation des employés va connaitre une dégradation avec l’arrivée de l’actuel Directeur général qui n’est autre qu’un des anciens superviseurs, et qui en voulait à mort à Poda. Certains frais alloués à l’assurance maladie des employés vont connaitre un plafonnement. Initialement prévu à 1.500.000 FCFA, les employés soulignent qu’il est difficile d’atteindre la somme indiquée. En effet, les frais d’accouchement des épouses des employés vont connaitre également une légère diminution avec l’arrivée du nouveau directeur. Par exemple, les frais d’accouchement par voie normale des épouses des employés affectés dans les Ambassades qui étaient à 150.000 FCFA ont été ramenés à 100.000 FCFA. Mais les employés vont s’opposer à cette mesure. L’écho de la contestation atterrit dans les oreilles des responsables d’Ambassades. Ils s’impliquent pour dénouer le problème.

Finalement, un consensus est trouvé. Les responsables de l’entreprise WEND-PAANGA reviennent à de meilleurs sentiments. Le montant des frais d’accouchement par voie normale et par césarienne autrefois octroyé aux employés va rester inchangé. Selon le sieur Poda, cette revendication aboutie a accentué ses déboires avec la Direction. Depuis l’arrivée de l’actuel directeur, tout aurait été mis en œuvre pour son licenciement, confie-t-il. Des fautes professionnelles «bidons» lui seraient attribuées. Une lettre d’explication lui a même été demandée concernant un incident qu’il aurait eu avec un superviseur.

Voyant l’acharnement contre sa personne prendre de l’ampleur, il s’est finalement résolu à trouver un autre point de chute. C’est ainsi qu’en novembre 2019, il est admis à un test dans une autre structure de sécurité privée. Aujourd’hui, employé de cette nouvelle structure de sécurité privée, il poursuit son ancien employeur pour le règlement de ses différents droits. L’entreprise WEND-PAANGA refuserait de payer certains droits à son ex- employé. En effet, après sa démission, il réclame le paiement de ses congés de l’année 2019, le paiement de son treizième mois et ses primes d’ancienneté tels qu’indiqués dans le contrat. Mais le directeur ne l’entend pas de cette oreille et refuse de s’exécuter. L’affaire a été portée à l’Inspection du travail et suit son cours.

Pour avoir la version de l’entreprise, nous avons essayé d’entrer en contact avec la Direction. Toutes nos tentatives ont été vaines. En effet, contacté le mercredi 11 mars 2020 pour un entretien, le Directeur général, Tondé Nicolas, qui nous avait accordé un rendez-vous pour le vendredi 13 mars, va finalement se raviser le jour suivant, prétextant une réunion programmée. Au moment où nous bouclions ces lignes, le directeur de WEND-PAANGA est toujours muet. Les employés de la société, lassés des mauvais traitements de leur employeur, espèrent bien un changement au niveau de la Direction dans de plus brefs délais, car, estiment-ils, «on ne peut pas supporter tout le temps ces traitements de misère.». Affaire à suivre !

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Salifou OUEDRAOGO
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