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SOUPÇONS DE FRAUDES AU CONCOURS PROFESSIONNEL DES GREFFIERS EN CHEF : Le Conseil d’État suspend les résultats; il se passe des choses bizarres !

Dans  notre édition n°243 du 1er août  dernier, nous faisions cas de forts  soupçons de fraude au  concours professionnel des greffiers en Chef,  impliquant  un greffier en chef,  enseignant à l’ENAM, soupçonné  d’avoir fait cou- ler  le « pétrole » dans le cadre  dudit concours. Nous annoncions aussi que  certains contestataires avaient saisi le Conseil  d’Etat de recours  en vue  de la suspension  des résultats et de l’annulation pure  et simple de ce concours, au  cours duquel visiblement, le principe d’égalité de  chances dans  l’accès  aux  emplois de  la Fonction  publique n’a  pas été  garanti. Eh bien, les choses semblent avancer de ce côté-là. Le Conseil d’Etat a vidé  sa première sai- sine  concernant la suspension  des résultats. Il a  fait droit à  la demande des requérants. Mais  un  fait intrigue plus d’un  dans  ce dossier. Un des requérants s’est désisté. Créant une  certaine confusion dans  l’affaire.

Le Conseil statuant publiquement, contradictoirement, en matière administrative en premier et dernier ressort ; en la forme : déclare la requête bien recevable; au fond, donne acte à Zongo Idrissa de son désistement d’action ; ordonne le sursis du communiqué N°18/054/MJdHC/SG/CP CP en date du 16 juillet 2018 portant proclamation des résultats du concours professionnel des élèves Greffiers en chef session2018. Réserve le dépens ». Tel est l’essentiel de l’arrêt rendu le 28 août 2018 par le Conseil, suite à la requête de 5 requérants, candidats malheureux audit concours. Le moins qu’on puisse dire c’est qu’en attendant une décision au fond, cet arrêt qui suspend les résultats remet les pendules à l’heure. Tout le monde retient son souffle. Les requérants peuvent déjà estimer avoir gagné une manche. Reste à aller au fond du dossier afin de décider s’il y a lieu ou non de prononcer l’annulation pure et simple des résultats du concours en question, ce qui équivaudrait à l’annulation pure et simple de celui-ci, comme le demandent les requérants. En tout cas, les intéressés croient dur comme fer que le Conseil d’Etat devrait faire droit à leur requête. Les preuves de l’écoulement du «pétrole » apportées sont, à leurs yeux, suffisamment éloquentes pour ce faire. En effet, le nom d’un Greffier en chef, enseignant vacataire à l’ENAM, par ailleurs agent au ministère de la Justice, considéré très proche des milieux qui ont composé les sujets du concours au sein dudit ministère revient par  intermittence comme celui-là par qui la fraude est passée. Le corrigé d’un de ses devoirs à l’ENAM ressemblant étrangement à l’une des épreuves majeures du concours a été retrouvé, après la composition, sur le lieu de travail de deux des candidats admis. Et curieusement, l’intéressé avait été aperçu en aparté avec ces derniers dans leur juridiction non loin de Ouagadougou, quelques jours avant les épreuves. En plus, de nombreux proches de l’enseignant vacataire en question seraient admis comme par enchantement à cette session. A la suite des résultats publiés, tout semblait confirmer ces suspicions. Les noms des deux candidats soupçonnés de collusion avec l’enseignant figuraient en bonne place sur la liste des admis.

Le  fait  qui  n’a  laissé personne indifférent lors de l’audience du Conseil d’Etat le 28 août dernier, c’est l’information selon laquelle l’un des requérants, le nommé Idrissa Zongo en l’occurrence, Greffier en poste au TGI de Ziniaré, a, entre-temps, saisi la juridiction d’une lettre de désistement. Et le Conseil a naturellement donné acte. Mais qu’est-ce qui a bien pu se passer entre-temps? Pourquoi ce désistement? Les supputations vont bon train dans le milieu. Afin d’avoir le cœur net, nous sommes rentrés en contact téléphonique avec l’intéressé pour comprendre les motivations de son acte. Ses explications sont pour le moins surprenantes. Il explique qu’au moment de formuler la requête, il a été contacté par les autres qui lui auraient demandé de signer le document et il l’aurait fait, sur la base de la confiance,  sans avoir vu les preuves de la fraude alléguée. Par la suite, il se serait rendu compte qu’il n’y avait pas de preuves et c’est ce qui aurait motivé son désistement. Mais comment croire à un tel raisonnement ? Comment un homme de loi, de surcroît auxiliaire de justice de profession, peut-il s’engager dans une affaire aussi lourde de conséquences sans prendre la moindre précaution de s’assurer de là où il met ses pieds? Tout cela parait assez curieux. A la vérité, à en croire certaines indiscrétions, l’intéressé aurait subi certaines intimidations qui l’auraient obligé à se désolidariser de ses camarades. L’argument selon lequel il n’aurait pas vu les preuves avant de s’engager serait archi-faux. Vrai ou faux ? Affaire à suivre donc.

Salifou OUEDRAOGO (Stagiaire)

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