SOUTIEN AUX VICTIMES DES ATTAQUES DU 2 MARS 2018 : Où sont passés les 300 millions FCFA offerts par l’UEMOA?

C’est à ne plus rien comprendre au mode de gestion en vigueur au sommet de la hiérarchie militaire, particulièrement à l’Etat-Major général des armées (EMGA). Les victimes et ayants droit de victimes des attaques terroristes du 2 mars 2018 à l’EMGA et à l’Ambassade de France ne savent plus à quel saint se vouer. Plus d’une demi-année après ces douloureux évènements, au cours desquels certains ont perdu la vie, d’autres profondément marqués dans leur chair, les infortunés sont pratiquement abandonnés à leur sort. La plupart végètent dans une misère noire, et cela presque dans l’indifférence générale. Pourtant de l’argent a été débloqué pour leur venir en soutien.

Qui l’eût cru ? En dehors de la prise en charge de leurs soins, ainsi que de quelques vivres que quelques «veinards» ont pu obtenir, pratiquement rien de concret n’a été fait pour les victimes des attaques du 2 mars 2018 à l’Etat-Major général des armées (EMGA) et à l’Ambassade de France à Ouagadougou. Le plus révoltant dans tout ça, c’est qu’on ne peut pas dire que c’est faute de moyens. L’opinion publique a été témoin, le 20 mars 2018, soit moins de trois semaines après les attaques, d’un don d’argent d’une valeur de 300 millions FCFA, offert par le président de la Commission de l’UEMOA, comme contribution pour la prise en charge des victimes de cette tragédie. Comment comprendre que malgré ce don, les victimes soient abandonnées à elles-mêmes depuis tout ce temps? Qu’a-t-on fait de cet argent? Pourrait-on légitimement s’interroger. Au total, 8 personnes ont perdu la vie dans ces tragiques évènements, laissant derrière elles des veuves et des orphelins;  plus de 70 autres ont été blessés, dont certains très gravement. Les plus chanceux ont subi des dégâts matériels. Certains ont vu leurs moyens de transport (voitures pour les uns et motos pour les autres) avec lesquels ils se déplaçaient, y compris pour aller au travail, calcinés. Depuis lors, pour rallier leur lieu de travail, c’est la croix et la bannière pour ces derniers.

Même si l’Etat burkinabè n’a pas les moyens pour apporter un soutien conséquent à ces infortunés (ce qui n’est du reste pas acceptable), pourquoi malgré ce don substantiel de l’UEMOA, venu en appoint, on continue de laisser ces personnes, déjà durement éprouvées par la tragédie, dans cette galère ? Impossible de trouver une réponse. Notre demande d’information à ce sujet, introduite auprès des services du chef  d’Etat-Major général des armées (CEMGA), depuis le 24 septembre dernier, reste jusque-là sans suite.

Pourtant, selon certaines indiscrétions, suite à la remise du don par le président de la Commission de l’UEMOA le 20 mars, le CEMGA aurait mis en place une commission de réflexion, présidée par un de ses proches collaborateurs, afin de définir des modalités de répartition du don aux différentes victimes concernées. Au bout de ces travaux, cette commission aurait remis à qui de droit,un rapport assorti de propositions concrètes de répartition, tenant compte des différents types de victimes (défunts, blessés très graves, graves, moyens, dégâts matériels, etc.). Cela fait déjà plusieurs mois. Malgré tout, rien ne bouge. Et pendant ce temps, les infortunées victimes et autres ayants droit de victimes poursuivent leur traversée du désert. Dans une indifférence qui frise l’insouciance. Mais jusqu’à quand durera cette seconde tragédie. Affaire à suivre !

Y. Ladji BAMA
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Y. Ladji BAMA

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