Spectacles d’opposants

Qu’est-ce qui ne va pas avec les politiciens burkinabè ? Le double scrutin du 22 novembre 2020 a donné bien de leçons de démocratie à bien des Burkinabè. Font partie de ceux-là, les responsables des partis politiques de l’opposition. Ils n’ont pas manqué l’occasion de se donner en spectacle face aux caméras du monde entier, braquées sur le Burkina Faso.

Tout a commencé avec le fichier électoral. Les politiciens y ont vu une occasion de clouer au pilori la Commission électorale nationale indépendante (CENI) en exigeant un audit du fichier, un audit d’ailleurs prévu dans l’agenda de la CENI. Puis la campagne électorale commence. Elle n’a pas trouvé d’autres sujets de débat pour les Burkinabè que de crier à l’orchestration des fraudes électorales.

A propos de fraudes, tout le monde connait les habitudes de tous les partis politiques. Tous autant qu’ils sont ne sont pas clean dans ces pratiques. Le scrutin avec toutes les difficultés que le pays connait, c’est l’opposition seule qui trouve à redire en voulant surfer sur les dysfonctionnements pour justifier sa débâcle. Là où personne n’a battu campagne, ils y veulent des élections. Pourtant, tous les Burkinabè voyaient les risques qu’encourait le pays avec ces élections. Et dès les premiers résultats, les partis signataires de l’Accord politique, une fois de plus, n’ont pas trouvé mieux à faire que de crier au scandale, à la fraude, etc.

Ils ont fini par clamer qu’ils n’accepteront pas les résultats que la CENI livrait au fur et à mesure. Certains avaient même commencé à ameuter leurs pagailleurs de service pour les besoins de manifestations de protestations. A la face du monde, ils ont paru quelque peu ridicules. Enfin, la CENI proclame les résultats provisoires et la même opposition, comme par miracle, opte pour la voie judiciaire. Le comble, malgré leurs recours devant le Conseil constitutionnel, ils se sont rendus au siège de campagne du candidat provisoirement élu pour lui rendre leurs hommages : « Mes respects et félicitations, Monsieur le président ».

Quel double langage ? Sacrée opposition burkinabè ! Et si le Conseil constitutionnel leur donnait raison en retoquant les résultats ? A quoi auront servi tous ces élégants spectacles ?

Aimé NABALOUM
Ecrit par
Aimé NABALOUM
Voir tous les articles
Ajoutez votre commentaire

Aimé NABALOUM Ecrit par Aimé NABALOUM