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Vous avez dit désordre, Monsieur le Président ?

Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a encore parlé. Dans son discours du 60e anniversaire de l’Indépendance du Burkina, il a appelé ses compatriotes à fuir le désordre, car aucune Nation ne saurait prospérer avec le désordre et bien d’autres maux. Cet appel n’est pas le premier. Nouvellement élu en 2015, son premier discours, lors de son investiture, avait pour colonne vertébrale, la fin du désordre et le respect de l’autorité de l’Etat.

Puis, cinq années se sont écoulées. En 2020, Roch Kaboré est encore revenu sur la nécessité de ne pas faire du désordre un mode de vie au Faso. De Ouaga 2000 en 2015 à Banfora en 2020, c’est le même message. Finalement, l’on se demande si le Président Kaboré et ses compatriotes comprennent tous les défis et les enjeux du pays de la même manière. Pourquoi jusque-là, cet « appel de la tête » du pays n’est toujours pas entendu ?

Sans nul doute que quelque chose ne va pas. Parlant de désordre, de quoi s’agit-il ? L’indiscipline en circulation ? Les élèves qui tiennent tête à leurs enseignants ? Les FDS qui tripotent leurs téléphones au front ? Les officiers qui dealent la participation de leurs bons petits au combat ? Les ministres qui refusent de s’expliquer ou qui se prennent pour des demi-dieux qui n’ont de compte à rendre qu’à Zeus ? Les ministres qui prennent les finances publiques comme leurs propres comptes bancaires ? Les DG qui raffolent des dessous de table ? Les juges qui monnayent leurs décisions ? Les agents de santé qui vendent les médicaments sortis de leurs sacs à main ? Les rackets des policiers, gendarmes, forestiers et douaniers ? Les agents de la Fonction publique qui passent leurs journées à discuter de Messi et de Ronaldo dans leurs bureaux ? Les bureaux des secrétaires transformés en étales de vente de piment, de sel, de bijoux, de pagnes, etc. ?

Les marchés publics, cette affaire bordélique où il faut payer un fonctionnaire pour garantir un marché ? Les syndicats qui ne cessent de réclamer de meilleurs traitements ? Les militaires au front qui demandent une meilleure prise en charge et de bonnes armes ? Les partis politiques qui achètent leur électorat ? Les députés qui dorment à l’hémicycle ? Les promoteurs immobiliers qui se sont engouffrés dans le pillage des terres ? Les années universitaires qui se chevauchent indéfiniment ? Les agents publics qui se baladent avec leurs entreprises dans leur mallette ? C’est lequel qui est le désordre ?

Finalement, de quoi parle le Président Roch Kaboré ? A qui parle le Président Kaboré ?

Aimé NABALOUM
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